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Ituri : quatre morts dans une fusillade à Djugu, l’insécurité menace la riposte à Ebola

Dans la province de l’Ituri, la persistance des violences armées compromet la sécurité des populations et entrave les efforts de santé publique, alors qu’une épidémie d’Ebola est en cours. Jeudi 4 juin, une fusillade attribuée à un milicien de la CODECO a fait quatre morts dans le village de Tchelo, en territoire de Djugu. Selon des sources sécuritaires, l’assaillant a ouvert le feu sur des personnes réunies pour des funérailles, tuant trois civils sur place et blessant plusieurs autres. Le tireur a ensuite été abattu par ses propres compagnons.

Un contexte sanitaire fragilisé par l’insécurité

Ces violences surviennent alors que l’Ituri lutte contre une épidémie d’Ebola, une maladie virale grave qui se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée. Les attaques armées compliquent le travail des équipes de riposte, en limitant l’accès aux communautés et en perturbant les activités de surveillance et de vaccination. La peur des affrontements peut dissuader les habitants de signaler des cas suspects ou de se rendre dans les centres de santé, augmentant ainsi le risque de propagation du virus. Dans un tel climat, chaque incident violent réduit la confiance des populations envers les autorités sanitaires et rend plus difficile la mise en œuvre des mesures de prévention, comme l’identification des contacts ou l’isolement des malades.

Des affrontements qui mettent en danger civils et militaires

Quelques jours plus tôt, des combattants de la Convention pour la révolution populaire (CRP) ont attaqué une position des Forces armées de la RDC (FARDC) à Iga-Barrière, à une vingtaine de kilomètres de Bunia. Deux militaires ont été blessés lors de ces affrontements. Par ailleurs, en début de semaine, les FARDC ont découvert une cache d’armes de la CRP près de Nizi, saisissant huit fusils AK-47, une mitrailleuse légère et une importante quantité de munitions. Ces saisies montrent que les groupes armés conservent une capacité de nuisance, malgré les opérations militaires en cours. La découverte de telles caches indique que ces groupes peuvent se réapprovisionner et mener des actions coordonnées, ce qui expose davantage les civils à des risques de représailles ou de déplacements forcés.

Des appels au respect des engagements pour protéger les civils

Face à cette insécurité persistante, des acteurs de la société civile appellent le Gouvernement à poursuivre les opérations contre les groupes armés. Ils demandent également aux responsables de la CODECO de respecter les engagements pris lors du dialogue d’Aru II, et à la CRP d’observer le cessez-le-feu décrété par son leader, Thomas Lubanga. Le respect de ces engagements est crucial pour permettre un retour durable de la paix et garantir que les interventions sanitaires, comme la lutte contre Ebola, puissent être menées efficacement. La protection des populations passe par la fin des violences et la sécurisation des zones touchées. Sans un apaisement durable, les efforts de santé publique risquent d’être continuellement interrompus, prolongeant la vulnérabilité des communautés face à l’épidémie.

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

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