Plus de 4 000 ménages agricoles du territoire de Beni, au Nord-Kivu, ont commencé à recevoir des semences depuis le jeudi 23 juillet, dans le cadre d’un projet visant à relancer la production vivrière locale. Financée par l’organisation canadienne Raising The Village et mise en œuvre par l’ONG nationale Mavuno, cette distribution cible précisément 4 044 ménages répartis dans la commune rurale de Lume et le secteur de Ruwenzori. L’objectif est simple : permettre aux familles de retrouver une activité agricole viable, alors que la région fait face à des difficultés persistantes.
Un appui concret pour trois aires de santé
L’opération couvre trois aires de santé, bien que les sources ne précisent pas leurs noms. Les bénéficiaires reçoivent des semences de haricots, d’arachides, de soja et de maïs, selon les zones ciblées. Parmi les villages concernés figurent Kibanda, Kidole, Lume, Kivisire, Kivaita 1 et Rugetsi. Cette diversité de cultures vise à améliorer la sécurité alimentaire des ménages tout en leur offrant des options adaptées aux conditions locales. En pratique, chaque famille peut ainsi choisir les semences les mieux adaptées à son sol et à ses besoins, ce qui augmente les chances de réussite des récoltes.
Pourquoi cette distribution est essentielle
Dans cette partie du Nord-Kivu, l’insécurité persistante et les difficultés d’accès aux intrants agricoles ont fortement perturbé les activités champêtres. De nombreux agriculteurs peinent à se procurer des semences de qualité, ce qui réduit les récoltes et aggrave la précarité alimentaire. En fournissant gratuitement ces intrants, le projet cherche à briser ce cercle vicieux : les ménages peuvent semer dès la prochaine saison, espérer une récolte et, à terme, dégager des surplus pour le marché local. Concrètement, une famille qui reçoit des semences de haricots et de maïs peut espérer récolter de quoi se nourrir pendant plusieurs mois, et éventuellement vendre une partie de la production pour acheter d’autres biens essentiels. Cela contribue à stabiliser l’économie locale et à réduire la dépendance à l’aide extérieure.
Des semences pour cultiver, pas pour consommer
La société civile locale insiste sur un point pratique : les semences distribuées doivent être exclusivement utilisées pour les cultures. Si elles étaient consommées ou vendues, l’effet attendu sur la production serait perdu. Cet appel souligne l’importance de la discipline collective pour que l’aide atteigne son objectif : renforcer l’autonomie alimentaire des ménages bénéficiaires. Il s’agit d’un rappel essentiel, car dans des contextes de crise, la tentation peut être grande d’utiliser immédiatement ces ressources pour combler un besoin urgent. Pourtant, c’est bien en les mettant en terre que les familles pourront récolter des bénéfices durables. Les organisations partenaires comptent donc sur la responsabilité de chacun pour que cet appui porte ses fruits.
Des défis qui persistent au-delà de l’aide
Malgré cette initiative, les producteurs restent confrontés à deux obstacles majeurs : l’insécurité, qui limite l’accès aux champs, et la rareté des intrants agricoles. Ces facteurs continuent de freiner la relance du secteur. L’appui de Raising The Village et de Mavuno constitue donc une bouffée d’oxygène, mais il ne résout pas à lui seul les problèmes structurels de la région. Pour que les effets soient durables, d’autres interventions complémentaires seront nécessaires, notamment en matière de sécurité et d’approvisionnement régulier en intrants. En attendant, cette distribution permet aux ménages de garder espoir et de se projeter dans l’avenir. Chaque semence plantée est un pas vers une plus grande résilience face aux chocs qui affectent le territoire de Beni.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
