L’état des routes à Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central, a été au cœur d’une séance plénière de l’Assemblée provinciale ce jeudi 4 juin. Le directeur provincial de l’Office des voiries et drainage (OVD), Jimmy Nkula Ndomanuenu, a présenté aux députés l’avancement des chantiers de réhabilitation de la voirie urbaine. Un exercice de contrôle parlementaire qui a mis en lumière des taux d’exécution contrastés et des préoccupations sur la qualité des travaux, interrogeant directement l’impact concret pour les habitants.
Les chiffres communiqués par l’OVD dessinent un paysage de projets aux rythmes disparates. Le premier lot, confié à l’entreprise Safrimex, porte sur 42,5 kilomètres de routes pour un coût de plus de 90 millions USD. Son taux d’exécution atteint 38,19 %. Le deuxième lot, toujours attribué à Safrimex, comprend 41,5 kilomètres de routes et un pont, pour un montant supérieur à 105 millions USD. Il n’est réalisé qu’à 12,10 %. Quant au projet Tshilejelu, exécuté par Arab Contractor sous la supervision de l’OVD, il affiche un taux de 26,9 % pour un budget de plus de 35 millions USD. Ces données, bien que techniques, soulèvent une question immédiate : à quel rythme les citoyens verront-ils leurs conditions de mobilité s’améliorer ?
Des chantiers éparpillés, une efficacité en question
Au-delà des pourcentages, les échanges entre les élus provinciaux et le directeur de l’OVD ont révélé des inquiétudes plus profondes. Les députés ont notamment pointé la répartition des axes concernés et l’ouverture simultanée de plusieurs chantiers sans qu’aucun ne soit achevé. Cette stratégie de saupoudrage interroge : disperse-t-elle les efforts au détriment d’une finition rapide de tronçons prioritaires ? Pour les usagers, cela signifie souvent une alternance de portions réhabilitées et de zones encore dégradées, sans gain de fluidité tangible.
La qualité des travaux sous le regard des élus
La qualité des réalisations a également été mise en cause par les représentants provinciaux. Si les détails techniques des griefs n’ont pas été détaillés publiquement, cette préoccupation est récurrente dans les projets d’infrastructure en RDC. Elle renvoie à un enjeu de durabilité : des routes mal exécutées risquent de se détériorer rapidement, annulant les bénéfices attendus pour la population et grevant les finances publiques. Le contrôle parlementaire apparaît ici comme un garde-fou essentiel pour s’assurer que les deniers publics sont utilisés à bon escient.
Un contrôle citoyen par procuration
Cette séance plénière illustre le rôle de l’Assemblée provinciale dans le suivi des projets publics. En convoquant le directeur de l’OVD, les députés exercent une forme de contrôle citoyen par procuration, relayant les frustrations des habitants de Kananga face à des chantiers qui semblent s’éterniser. La démarche s’inscrit dans un cadre institutionnel normal, mais elle prend un relief particulier dans une province où l’état des routes conditionne l’accès aux services de base, aux marchés et aux opportunités économiques.
Les taux d’exécution communiqués restent des indicateurs partiels. Ils ne disent rien des délais prévisionnels de livraison, des éventuels surcoûts ou des pénalités encourues par les entreprises en cas de retard. L’OVD n’a pas fourni de calendrier actualisé, laissant les élus et la population dans l’expectative. Pour l’heure, les citoyens de Kananga doivent composer avec des travaux en pointillés, en espérant que la pression parlementaire accélère une mise en œuvre plus cohérente et plus respectueuse de leurs besoins.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
