La marche en faveur d’une révision constitutionnelle, organisée vendredi à Kinshasa par la Coalition citoyenne pour la nation (CCN), a rassemblé plus de soixante mille personnes selon son président, l’archevêque Ejiba Yamapia. Un chiffre avancé pour démontrer la capacité de mobilisation autour d’un projet qui divise l’opinion congolaise.
Une mobilisation revendiquée malgré les obstacles
Contrainte de changer de lieu à la dernière minute, la manifestation a dû quitter le Palais du Peuple pour le terrain annexe du Stade des Martyrs, sur décision des autorités sécuritaires. Un changement qui n’a pas entamé la détermination des participants, selon l’archevêque Ejiba Yamapia. « Les objectifs ont été atteints. Le peuple est sorti, il a marché », a-t-il déclaré lors d’un Space live animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala. Face aux critiques sur une participation jugée modeste, le pasteur a répondu en évoquant des images trompeuses : « Il y a le terme adversaire. Il n’envoie la caméra que pour filmer une chaise vide. »
Un référendum comme seule boussole
Au cœur des revendications de la CCN se trouve l’organisation d’un référendum pour trancher le débat constitutionnel. « Il nous faut un référendum pour départager ceux qui disent qu’il ne faut pas changer la Constitution et ceux qui disent qu’il faut réviser, qu’il faut changer. Donnez la parole au peuple. Le peuple, c’est le souverain », a martelé Ejiba Yamapia. Une consultation dont le calendrier reste flou, le président de la CCN renvoyant la décision au Chef de l’État : « Lui, selon son temps, selon les priorités de la République, se dira : le peuple demande le référendum, que dois-je faire ? Il placera cela dans son timing. »
La question du troisième mandat éludée
Interrogé sur l’éventualité d’un troisième mandat pour Félix Tshisekedi, souvent perçue comme l’objectif caché de la révision, l’archevêque a botté en touche. « Je ne suis pas distributeur de mandats. Celui que la Constitution autorise, il en a la possibilité », a-t-il répondu, avant de recentrer le débat sur une vision plus large : « Ce qui est dans ma tête, c’est une Constitution adaptée aux réalités actuelles du monde et de notre pays, qui puisse conduire le peuple congolais au bonheur, qui puisse conduire à la bonne gouvernance et maintenir la souveraineté de la République Démocratique du Congo. Ma bataille, ce n’est pas celle des individus. »
Un devoir de réserve stratégique
Sur la délocalisation du rassemblement, Ejiba Yamapia a refusé de pointer un responsable, invoquant son devoir de réserve. « Même si je le sais, je ne le dirai pas. Je dois me comporter comme celui qui fait que l’ordre règne dans notre pays », a-t-il expliqué, précisant qu’il préférait exprimer ses griefs directement auprès des ministres concernés plutôt que dans les médias. Une posture qui vise à maintenir un dialogue avec les autorités tout en poursuivant la mobilisation citoyenne.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
