Huit civils détenus par les Forces démocratiques alliées (ADF) ont été libérés et remis à la société civile d’Oïcha, dans le territoire de Beni, le jeudi 4 juin. Cette remise fait suite à des opérations conjointes menées par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF) sur l’axe Mbau-Kamango. La coalition FARDC-UPDF poursuit depuis plusieurs mois une offensive visant à neutraliser les bastions des ADF dans cette zone frontalière, où les rebelles multiplient les exactions contre les civils.
Une libération sous pression militaire
Selon les informations communiquées par l’armée, plusieurs ex-otages ont profité de la pression exercée par les forces conjointes sur les positions rebelles pour s’échapper. Certains d’entre eux étaient retenus en captivité depuis plus de deux semaines. Les rescapés ont salué l’intervention des FARDC et de l’UPDF, estimant que l’offensive militaire a directement contribué à leur libération et a permis d’éviter un bilan plus lourd lors des récentes attaques dans la région. Les opérations sur l’axe Mbau-Kamango visent à couper les lignes de ravitaillement et les voies de repli des ADF, ce qui aurait contraint les rebelles à relâcher leur emprise sur certains otages.
Des accusations rejetées par les rescapés
Les anciens otages ont également dénoncé certaines accusations visant les forces engagées dans les opérations, sans toutefois préciser la nature de ces allégations. Leur témoignage apporte un éclairage direct sur le déroulement des faits et sur le rôle des militaires dans cette issue favorable. Cette prise de parole intervient alors que des voix s’élèvent parfois pour critiquer les méthodes de la coalition, mais les rescapés ont tenu à souligner l’impact positif de la pression militaire sur leur libération.
La société civile appelle à la vigilance
La société civile de Beni a réagi en appelant la population à renforcer sa collaboration avec les services de sécurité. Elle insiste sur le partage d’informations et la vigilance communautaire comme leviers essentiels pour prévenir de nouvelles exactions. Cet appel s’inscrit dans un contexte où la menace des ADF reste préoccupante, malgré les opérations en cours. La remise des huit civils à la société civile d’Oïcha marque une étape dans la prise en charge des rescapés, qui doivent désormais bénéficier d’un accompagnement psychosocial et d’une réinsertion dans leurs communautés.
Un bilan humain toujours lourd
Malgré ces avancées, la situation sécuritaire demeure critique. Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a documenté plus de 300 civils tués dans des attaques attribuées aux ADF au Nord-Kivu et en Ituri depuis le début de l’année 2026. Ce chiffre rappelle l’urgence de maintenir la pression militaire et de consolider les mécanismes de protection des populations civiles. Les opérations conjointes FARDC-UPDF, bien qu’ayant permis des libérations ponctuelles, n’ont pas encore éradiqué la capacité de nuisance des ADF, qui continuent de cibler les villages isolés et les axes de circulation. La société civile de Beni insiste sur la nécessité d’une approche globale, combinant action militaire, renseignement communautaire et développement local, pour réduire durablement l’emprise du groupe armé.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
