Depuis près de deux semaines, une centaine de ressortissants congolais sont bloqués au poste-frontière de Rusumo, entre la Tanzanie et le Rwanda, sans pouvoir regagner la République démocratique du Congo. En cause : les mesures sanitaires renforcées par les autorités rwandaises pour prévenir la propagation de la maladie à virus Ebola. Ces voyageurs, parmi lesquels des petits commerçants, des transporteurs et leurs familles, se retrouvent dans une situation humanitaire précaire, dépourvus de ressources et d’alternatives de transit.
Pourquoi le transit est-il refusé ?
Le refus de passage s’inscrit dans le cadre des restrictions imposées par le Rwanda depuis le 22 mai 2026. Les autorités rwandaises interdisent l’entrée sur leur territoire à toute personne ayant séjourné en RDC au cours des 30 derniers jours. Cette mesure vise à limiter le risque d’importation du virus Ebola, qui circule dans certaines zones de l’Est congolais. Toussaint Maisha, l’un des Congolais bloqués, témoigne : « Nous sommes de nombreuses personnes venues de Tanzanie à qui le transit par le Rwanda a été refusé. On nous a demandé de retourner en Tanzanie, pour des raisons liées à Ebola. »
Une impasse géographique et administrative
Les voyageurs se heurtent à un manque d’options viables pour rejoindre la RDC. Le passage par l’Ouganda est jugé trop éloigné, tandis que la voie burundaise pose problème pour certains en raison de documents de voyage non conformes. Cette impasse contraint les familles à rester sur place, aggravant leur vulnérabilité. Sans solution de transit, l’épuisement des économies personnelles rend la situation critique, en particulier pour les femmes et les enfants qui passent désormais les nuits à la belle étoile.
Quels sont les effets concrets sur les personnes bloquées ?
Les témoignages recueillis décrivent une dégradation rapide des conditions de vie. Après avoir épuisé leurs réserves financières, plusieurs familles ne peuvent plus se loger ni se nourrir. L’absence d’assistance immédiate expose ces voyageurs à des risques sanitaires et sécuritaires. Face à cette détresse, les personnes bloquées lancent un appel à l’aide au Gouvernement congolais, aux Nations unies et aux organisations humanitaires, sollicitant un encadrement d’urgence et un plaidoyer pour faciliter leur retour.
Quel impact pour les échanges transfrontaliers ?
Ces restrictions sanitaires perturbent les mouvements de population dans la région des Grands Lacs. Les villes de Goma et de Bukavu, dont l’économie repose en partie sur les échanges avec le Rwanda, ressentent déjà les effets de ces mesures. Les petits commerçants et transporteurs, qui dépendent de la fluidité des frontières pour leurs activités, sont directement touchés. La situation à Rusumo illustre les conséquences pratiques des politiques de prévention sanitaire sur les populations mobiles, souvent peu préparées à de tels blocages.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
