À Mongwalu, dans le territoire de Djugu en Ituri, un nourrisson d’un mois a vaincu le virus Ebola. Contaminé par ses parents, tous deux décédés de la maladie, il a été déclaré guéri au Centre de traitement d’Ebola local. Ce cas illustre une réalité douloureuse : derrière chaque guérison se cache souvent un drame familial, celui d’enfants devenus orphelins à cause de l’épidémie.
Des guérisons qui laissent des orphelins
Le nourrisson n’est pas un cas isolé. Un autre enfant, âgé d’un an et demi, a également quitté le centre de traitement après avoir survécu au virus. Lui aussi a perdu ses deux parents, emportés par Ebola. Selon les autorités sanitaires, plusieurs autres enfants de moins de cinq ans vivent actuellement la même situation dans les structures de prise en charge de l’épidémie. Chaque guérison est une victoire médicale, mais elle s’accompagne d’un traumatisme profond et d’une incertitude quant à l’avenir de ces jeunes survivants.
Une prise en charge gouvernementale annoncée
Face à cette urgence humanitaire, la Première ministre Judith Suminwa a remis, vendredi 24 juillet, son certificat de guérison au nourrisson lors d’une visite à Mongwalu. Désormais orphelin, l’enfant est pris en charge par une femme survivante d’Ebola qui assure son allaitement et veille sur lui au quotidien. La ministre des Affaires sociales et des Actions humanitaires, Ève Bazaiba, a appelé à l’identification de tous les enfants survivants et orphelins d’Ebola afin qu’ils bénéficient d’un accompagnement adapté. « Nous nous prenons l’enfant, il ne faut pas qu’on perde l’enfant. Il y a des mères nourricières, du lait et tout. C’est vraiment prêt à Bunia », a-t-elle assuré.
Un dispositif d’accueil à Bunia
Le gouvernement affirme avoir déjà mis en place une crèche à Bunia destinée à accueillir ces enfants et à leur offrir un environnement sécurisé. Des mères nourricières ainsi que les ressources nécessaires à leur alimentation et à leur suivi y seraient disponibles. Cette annonce est accueillie avec soulagement dans les communautés durement touchées par Ebola. Pour de nombreuses familles, la survie des enfants ne constitue que la première étape d’un long processus de reconstruction. Au-delà des soins médicaux, ces jeunes rescapés auront besoin d’un accompagnement social, psychologique et familial pour se reconstruire après la perte de leurs parents.
Un avenir à reconstruire
Si la plupart de ces enfants sont récupérés par des proches, certains demeurent sans famille pour les accueillir, soit par stigmatisation, soit par peur de la maladie, soit encore par manque de moyens de subsistance des membres de leur communauté. À Mongwalu comme ailleurs en Ituri, les certificats de guérison remis ces derniers jours incarnent un double symbole : celui de la victoire contre Ebola, mais aussi le début d’un nouveau combat pour des enfants qui devront grandir sans leurs parents, victimes de l’épidémie. Selon les dernières données disponibles, plus d’un millier de personnes ont déjà succombé à l’épidémie, laissant derrière elles un grand nombre d’enfants sans parents.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
