Du 2 au 4 juin 2026, Kinshasa a accueilli la première édition du Cadre de Concertation de la Jeunesse, une initiative du Réseau des jeunes parlementaires (RJP). Pendant trois jours, une trentaine de structures de jeunesse ont été consultées sur la proposition de loi relative à l’organisation du référendum en République démocratique du Congo. Derrière ce débat juridique se joue une question plus large : comment associer une jeunesse majoritaire aux décisions qui façonnent l’avenir du pays ?
Le président du RJP, Roger Bimwala, a présenté cette démarche comme une réponse à un déficit de dialogue. « La jeunesse doit se parler. En tant que Réseau des jeunes parlementaires, nous sommes là pour écouter ce qu’elle a à dire afin de porter sa voix au niveau des institutions et du Parlement », a-t-il déclaré à l’issue des travaux. Les échanges ont réuni des représentants des milieux estudiantins, des confessions religieuses, des organisations de la société civile, des entrepreneurs, des acteurs culturels et sportifs, ainsi que des délégués venus de plusieurs provinces. Cette diversité illustre la volonté du RJP de fédérer une génération autour des enjeux nationaux, en créant un espace structuré de dialogue permanent avec les institutions.
Un texte au cœur des préoccupations
La proposition de loi sur le référendum a concentré l’essentiel des discussions. Selon Roger Bimwala, de nombreuses informations erronées ont circulé autour de cette initiative, rendant nécessaire un éclairage des jeunes sur son contenu. Le texte, actuellement en examen au Parlement, vise, d’après son promoteur, à renforcer l’expression de la souveraineté populaire. Les participants ont analysé le document, exprimé leurs préoccupations et formulé des recommandations destinées à enrichir le débat institutionnel. Cette consultation intervient dans un contexte où la jeunesse, souvent éloignée des circuits décisionnels, cherche à comprendre les mécanismes qui pourraient lui permettre de peser sur les orientations nationales. En offrant un cadre d’échange, le RJP tente de dissiper les malentendus et de transformer les inquiétudes en contributions concrètes.
Une jeunesse en quête de participation
Au-delà du référendum, les assises ont mis en lumière une aspiration plus profonde : celle d’une implication accrue des jeunes dans les processus décisionnels. Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité d’associer pleinement la jeunesse aux décisions qui engagent l’avenir du pays. Cette revendication s’appuie sur une réalité démographique : dans un pays où les jeunes constituent une majorité, leur participation aux mécanismes de gouvernance reste un enjeu central. Les organisateurs du RJP ont souligné que cette initiative répond à la nécessité de renforcer la participation de la jeunesse, en lui offrant un cadre structuré pour faire entendre sa voix sur les grandes orientations nationales. La consultation a ainsi permis de recueillir des avis variés, reflétant les préoccupations d’une génération qui réclame une place dans le débat public.
Un cadre appelé à durer
Le RJP a annoncé la pérennisation de ce Cadre de Concertation, qui sera convoqué chaque fois qu’une question nationale majeure nécessitera une consultation de la jeunesse. Les contributions recueillies lors de cette première édition seront compilées pour produire une synthèse des préoccupations et propositions de la jeunesse sur les questions institutionnelles et citoyennes. Cette démarche vise à instaurer un espace permanent de dialogue entre les jeunes et les institutions de la République, selon les organisateurs. En se positionnant comme un pont entre la rue et le Parlement, le RJP entend porter les aspirations de la jeunesse auprès des décideurs, tout en créant un précédent pour les débats à venir. Reste à savoir si cette initiative parviendra à influencer concrètement les processus législatifs et à répondre aux attentes d’une population jeune en quête de reconnaissance.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Sources: Actualite.cd, actu30.cd, mediacongo.net
