À Matadi, dans la province du Kongo Central, les cours d’eau qui traversent la ville sont devenus des dépotoirs à ciel ouvert, suscitant l’indignation des environnementalistes locaux. Cette situation, dénoncée à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, met en lumière une gestion des déchets défaillante qui expose les habitants à des risques sanitaires et économiques croissants.
Des déchets qui étouffent les rivières
Selon les experts en environnement, la population matadienne déverse quotidiennement des déchets ménagers, des plastiques et d’autres matières polluantes directement dans les cours d’eau. Ces pratiques favorisent la pollution et la contamination de l’eau, augmentent la propagation de maladies hydriques et accentuent les risques d’inondations. Au marché Mvuadu, des sacs d’immondices s’entassent sous un pont, transformant le site en une véritable poubelle à ciel ouvert. Hélène Luemba, une riveraine, témoigne : « Ce sont les personnes chargées du nettoyage devant les magasins qui viennent, la nuit, jeter les déchets sous ce pont. »
Un impact direct sur la santé et l’économie des ménages
La pollution des eaux a des conséquences concrètes pour les habitants. L’eau contaminée devient un vecteur de maladies comme le choléra ou la typhoïde, ce qui alourdit les dépenses de santé des ménages déjà fragilisés. Les inondations, aggravées par l’obstruction des caniveaux, endommagent les habitations et les petites activités commerciales, notamment autour des marchés. Pour les riverains, l’absence de système efficace de collecte des déchets se traduit par une dégradation de leur cadre de vie et une perte de revenus lorsque les étals sont inondés.
Des autorités dépassées mais des sanctions promises
Face à cette crise, le bourgmestre de la commune de Matadi, Patrick Kiameso Vubu, reconnaît les difficultés. « Nous avons saisi les autorités urbaines, qui reconnaissent également être dépassées. La situation a ensuite été portée au niveau provincial. Des réflexions sont en cours pour trouver une solution d’évacuation des déchets. Mais c’est un problème grave et dangereux pour la société », explique-t-il. Il affirme avoir instruit la police du sous-commissariat de Mvuadu et les gestionnaires du marché d’appliquer strictement des sanctions contre les contrevenants. Pour les habitants, la solution passe par un contrôle rigoureux et des sanctions sévères contre les inciviques qui créent des dépotoirs improvisés.
Un coût collectif à long terme
L’absence de gestion durable des déchets à Matadi engendre un coût économique collectif. La dégradation de l’environnement urbain peut dissuader les investissements dans le commerce local et le tourisme. Les dépenses publiques liées aux crises sanitaires et aux réparations d’infrastructures après les inondations pèsent sur un budget communal déjà limité. Sans actions coordonnées entre les autorités urbaines, provinciales et la population, le fardeau économique de cette pollution continuera de croître, affectant d’abord les plus vulnérables.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
