La République démocratique du Congo (RDC) exprime de vives inquiétudes face à la baisse annoncée des budgets alloués aux missions de maintien de la paix de l’ONU. Cette réduction, si elle se confirme, pourrait compromettre les opérations de la MONUSCO, mission déployée depuis plus de vingt ans dans le pays.
À Kinshasa, vendredi 29 mai, l’ambassadeur Noël Mbemba, délégué général du Gouvernement chargé du suivi de la MONUSCO, a donné l’alerte. Lors de la célébration de la Journée internationale des Casques bleus, il a rappelé le rôle crucial de cette force onusienne. Face aux représentants de l’ONU et aux autorités nationales, le diplomate a souligné que la mission n’avait pas encore rempli tous ses objectifs.
« Pour que les Casques bleus puissent fournir un travail durable, il convient de les doter des moyens nécessaires », a-t-il déclaré. La veille, des discussions sur le budget des opérations de paix laissaient entrevoir des restrictions. Ces coupes inquiètent particulièrement le gouvernement. Noël Mbemba a averti que « la réduction du financement suscite des inquiétudes quant à l’impact qu’elle pourrait avoir sur les opérations en RDC ».
Dans l’Est congolais, la situation sécuritaire reste tendue. Des groupes armés continuent de semer la violence, menaçant les populations civiles. La MONUSCO est engagée dans des actions de protection et de stabilisation. Mais sans ressources suffisantes, ses capacités pourraient être amoindries. L’ambassadeur a insisté sur la nécessité d’un financement stable et prévisible.
« Pour une mise en œuvre efficace du mandat contenu dans les résolutions du Conseil de sécurité, la MONUSCO a besoin d’un financement prévisible et durable », a-t-il plaidé. Ce mandat, régulièrement renouvelé, comprend la protection des civils et l’appui au désarmement. Réduire les fonds risquerait d’affaiblir ces missions essentielles.
Noël Mbemba a donc lancé un appel aux bailleurs internationaux. Il les a exhortés à maintenir leur soutien financier. Sans cela, les avancées en matière de paix pourraient être fragilisées. La RDC compte sur la MONUSCO pour sécuriser les zones de conflit et faciliter le retour de l’autorité de l’État.
La Journée des Casques bleus a aussi été l’occasion de rendre hommage aux soldats tombés. L’ambassadeur a salué l’engagement des personnels en uniforme. Il a exprimé la gratitude du peuple congolais envers la communauté internationale. « La célébration de cette Journée offre au Gouvernement congolais l’occasion d’exprimer sa gratitude et son infinie reconnaissance à la communauté internationale à travers la MONUSCO, dont le soutien précieux et constant reste indéniable », a-t-il souligné.
Pour les autorités congolaises, un financement adéquat est une condition non négociable. La MONUSCO doit pouvoir poursuivre sa mission dans de bonnes conditions. Le message est clair : les coupes budgétaires pourraient coûter des vies et compromettre des années d’efforts. Kinshasa attend des partenaires qu’ils entendent cet avertissement.
Ce débat intervient alors que l’ONU revoit ses priorités budgétaires. Plusieurs missions de paix dans le monde sont concernées. Mais en RDC, les défis humanitaires et sécuritaires imposent une vigilance accrue. La protection des civils ne peut attendre, a rappelé l’ambassadeur.
La MONUSCO, déployée depuis 1999, est l’une des plus importantes missions onusiennes. Sa présence reste indispensable dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Les attaques récentes de groupes armés montrent que la paix est encore loin. Réduire les moyens serait un pari dangereux, selon Kinshasa.
Ainsi, le gouvernement congolais espère que la communauté internationale prendra la mesure du risque. Les Casques bleus ont besoin de financements à la hauteur de leur mandat. L’appel de Noël Mbemba résonne comme un ultime avertissement avant d’éventuelles coupes.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
