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Naufrage à Bagata : 11 morts, des dizaines de disparus sous l’eau, les secours inexistants

Une tragédie silencieuse s’est déroulée au cœur de la nuit de vendredi à samedi, au croisement des rivières Kwilu et Inzia, dans le territoire de Bagata. Un naufrage brutal a englouti une embarcation de type baleinière, laissant un bilan provisoire d’au moins onze morts, quarante-sept rescapés et de nombreux disparus. Les circonstances exactes de ce drame fluvial demeurent à éclaircir, mais un choc contre une pierre a provoqué le retournement et le naufrage complet de l’embarcation.

Partie de Masi-Manimba, la baleinière transportait une foule dense de passagers, des marchandises et d’importantes quantités de produits agricoles. Selon des sources concordantes, près de cent cinquante personnes auraient pris place à bord, bien que le manifeste précis des passagers reste sujet à interrogations. La collision avec un obstacle immergé a entraîné une submersion quasi instantanée. Parmi les corps sans vie retrouvés figurent trois enfants âgés de moins de dix ans, ajoutant une dimension particulièrement déchirante à cette catastrophe.

Vingt-quatre heures après le drame, les opérations de recherche des disparus n’ont toujours pas été lancées. Une difficulté majeure paralyse les secours : l’absence de moyens logistiques. L’administrateur du territoire de Bagata, Amedée Mbangambuma, a exprimé son impuissance. « Il faut qu’on ait le bac pour tirer l’embarcation. On suppose qu’il y a encore des gens sous l’eau. Il y a aussi des marchandises et des bâches qui ont emballé les gens à l’intérieur. Mais ça nous fait du mal, on n’a pas les moyens de travailler. Difficile de savoir s’il y a des gens là-bas. La baleinière est encore sous l’eau. Comme on n’a pas vu de corps flotter, on suppose qu’ils sont sous l’eau », a-t-il confié, le désarroi perceptible. Ces propos illustrent une réalité crue : l’embarcation naufragée repose au fond, emprisonnant d’éventuelles victimes et rendant toute tentative de récupération aléatoire.

La question du nombre exact de disparus alimente les inquiétudes. Le député national élu de Bagata, Garry Sakata, se fait l’écho d’une estimation alarmante. « Le manifeste l’indique bien, il y avait 150 passagers. Et à ce jour, on dénombre 47 rescapés, 11 corps sans vie retrouvés et les autres sont introuvables », a-t-il déclaré, sollicitant une intervention urgente du gouvernement. Un bilan qui, s’il se confirme, placerait le nombre de personnes portées disparues au-dessus de quatre-vingt-dix. Comment expliquer un tel délai dans le déclenchement des secours ? L’absence de bac de traction et d’équipements adaptés laisse les familles dans l’angoisse.

Le naufrage de Bagata rappelle cruellement la dangerosité de la navigation sur les cours d’eau congolais. Le territoire, situé au confluent de la Kwilu, en provenance de Kikwit, et de l’Inzia, venue de la province du Kwango, est un carrefour commercial animé. Ces voies fluviales, essentielles pour les échanges, sont souvent empruntées par des embarcations vétustes, surchargées et sans sécurité suffisante. Les pertes matérielles, notamment de produits agricoles, aggravent le préjudice économique pour toute une région.

Aucune mesure n’a pour l’instant été annoncée par le gouvernement provincial, vingt-quatre heures après la tragédie. Face à l’ampleur du drame, les autorités locales appellent au secours, mais les moyens tardent. Le silence institutionnel contraste avec l’urgence humanitaire. Qu’attend-on pour mobiliser des équipes de recherche et venir en aide aux rescapés ?

Ce naufrage sur les rivières Kwilu et Inzia, dans le territoire de Bagata, vient s’ajouter à une longue liste d’accidents fluviaux en RDC. Il met en évidence la nécessité de renforcer la régulation du transport lacustre et fluvial, d’améliorer la sécurité des embarcations et de doter les zones reculées de capacités d’intervention rapide. Alors que des corps sont toujours présumés sous la coque retournée, l’espoir de retrouver des survivants s’amenuise. Chaque heure perdue pèse.

La recherche des disparus du naufrage de Bagata est devenue une course contre la montre. Sans moyens de levage, les secours risquent de rester spectateurs d’une catastrophe au dénouement encore incertain. Les familles des victimes, quant à elles, attendent. Des réponses, des corps et des mesures pour que de tels drames ne se répètent plus.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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