Quatre personnes ont été enlevées samedi 30 mai sur la route Kiwanja–Kanyabayonga, dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu). Les faits se sont déroulés à hauteur de Busendo, en plein parc national des Virunga. Parmi les victimes se trouve l’abbé Gédéon Kasereka Bahati, prêtre catholique de la paroisse Saint-Joseph de Bobandana, dans le diocèse de Goma.
Le religieux revenait de Kanyabayonga, où il avait célébré un mariage. Il était accompagné de son chauffeur ainsi que d’un jeune couple. Tous ont été kidnappés par des hommes armés non identifiés. Aucun bilan officiel n’a été communiqué par le diocèse de Goma à cette heure. Une source proche des familles affirme que les ravisseurs réclament une rançon pour libérer les otages.
L’axe Kiwanja–Kanyabayonga est devenu un point noir de l’insécurité. Depuis la fin de l’année dernière, les attaques s’y multiplient. Pillages, agressions et enlèvements y sont régulièrement signalés. Le 23 mars dernier, un autre incident avait déjà illustré la dangerosité de cette route traversant le parc des Virunga. Un véhicule de transport en commun avait essuyé des tirs entre Buvunga et Bugomba, sur l’axe Kiwanja–Goma. Les assaillants voulaient immobiliser le véhicule pour dépouiller les passagers. Le conducteur, grièvement blessé par balle à la mâchoire, avait été transporté à l’hôpital général de Rutshuru. Une personne avait été brièvement enlevée avant d’être relâchée.
Les circonstances exactes de l’enlèvement du prêtre restent floues. Aucune revendication n’a été émise pour l’instant. Les forces de sécurité n’ont pas non plus communiqué sur une éventuelle opération de recherche. La situation sécuritaire dans cette partie du Nord-Kivu demeure précaire, en raison de la présence de nombreux groupes armés locaux et étrangers. Le parc des Virunga, immense réserve naturelle, sert souvent de refuge à ces milices qui rançonnent les voyageurs.
Les populations locales dénoncent régulièrement l’incapacité des autorités à sécuriser les axes routiers vitaux pour les échanges commerciaux et les déplacements. La route Kiwanja–Kanyabayonga relie notamment la cité de Rutshuru au nord du territoire, avant de poursuivre vers Lubero et Butembo. Elle est empruntée quotidiennement par des centaines de véhicules et de motocyclettes.
Cet enlèvement survient dans un contexte humanitaire déjà tendu. La région de Rutshuru fait face à des déplacements massifs de population fuyant les combats entre l’armée congolaise et les rebelles du M23. Les attaques contre les civils ne font qu’aggraver la psychose. L’Église catholique est également régulièrement touchée par la violence : prêtres et religieux sont parfois pris pour cible dans l’est de la RDC.
Pour l’heure, les familles des victimes restent dans l’angoisse, attendant des nouvelles de leurs proches. Les contacts avec les ravisseurs seraient maintenus via des intermédiaires locaux, selon des informations concordantes. La population espère une libération rapide et sûre des otages, mais la prudence reste de mise tant que les négociations n’aboutissent pas. La récurrence de tels actes sur cet axe interpelle sur l’urgence de renforcer la sécurité et la protection des civils.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
