Dans le cadre de sa mission régalienne de contrôle de conformité des activités de sous-traitance, le directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Miguel Kashal Katemb, a sillonné, en une seule journée, trois entreprises emblématiques du secteur minier et des carrières dans la province du Lualaba. Cette tournée éclair, qui l’a conduit à la Sino-congolaise des mines (SICOMINES), à la Compagnie minière de Musonoie (COMMUS) et à la Carrière du Lualaba (CARRILU), marque le lancement officiel du contrôle de conformité dans cette province stratégique pour l’économie congolaise.
Accueilli tour à tour par les responsables de ces sociétés, Miguel Kashal a délivré un message sans ambiguïté : l’accès des petites et moyennes entreprises (PME) congolaises aux marchés de sous-traitance n’est plus une option, mais une obligation légale. « Nous devons appliquer la loi dans toute sa rigueur pour favoriser l’émergence d’une classe moyenne congolaise, conformément à la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo », a-t-il martelé. Le directeur général de l’ARSP a rappelé que la RDC a consenti des efforts considérables pour améliorer le climat des affaires, mais que ces progrès doivent se traduire concrètement par une participation accrue des entrepreneurs locaux dans la chaîne de valeur.
Le contrôle de conformité vise à vérifier que les entreprises donneuses d’ordre respectent scrupuleusement la loi n°17/001 du 8 février 2017 fixant les règles applicables à la sous-traitance en RDC. Ce texte, complété par ses mesures d’application, réserve une part substantielle des marchés de sous-traitance aux entreprises à capitaux congolais. Or, sur le terrain, de nombreuses sociétés minières continuent de privilégier des fournisseurs étrangers, privant ainsi les PME locales de ressources vitales. Dans la province du Lualaba, où l’exploitation du cuivre et du cobalt bat son plein, le manque à gagner pour l’économie nationale est estimé à plusieurs centaines de millions de dollars par an.
Les enjeux sont de taille. En imposant un accès accru des PME congolaises aux marchés de sous-traitance, l’ARSP entend stimuler la création d’emplois, favoriser le transfert de compétences et renforcer le tissu entrepreneurial local. Chaque contrat attribué à une entreprise congolaise a un effet multiplicateur : il génère des revenus qui irriguent l’économie réelle, de l’artisan aux services de proximité. À terme, c’est toute la province du Lualaba qui pourrait voir émerger une classe moyenne dynamique, réduisant ainsi les inégalités criantes autour des sites miniers.
Cette mission de contrôle a également été l’occasion pour Miguel Kashal de rencontrer les autorités politiques locales, notamment le président de l’Assemblée provinciale, Jean-Marie Kaseya, et la gouverneure Fifi Masuka Saini. Ces échanges ont permis de souligner l’alignement entre les efforts de l’ARSP et la volonté des élus provinciaux de promouvoir une économie inclusive. Les deux institutions se sont engagées à collaborer étroitement pour sensibiliser les opérateurs économiques et accompagner les PME dans leur mise en conformité.
Reste à savoir si les grandes entreprises minières répondront à cet appel du pied. Les contrôles de l’ARSP pourraient déboucher sur des sanctions en cas de manquement avéré, allant de lourdes amendes à la suspension des activités de sous-traitance. Un risque que des géants comme SICOMINES ou COMMUS ne peuvent se permettre de prendre, surtout dans un contexte où la RDC affirme de plus en plus sa souveraineté sur ses ressources naturelles.
En définitive, la mission de l’ARSP au Lualaba constitue un signal fort. Elle rappelle aux multinationales que le développement de la RDC passe par l’intégration des acteurs locaux. Pour les PME congolaises, c’est une opportunité historique de se hisser au rang de véritables partenaires de l’industrie minière, et pour l’État, le moyen de concrétiser sa promesse d’une croissance partagée. La balle est désormais dans le camp des entreprises : respecter la loi ou en subir les conséquences.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
