Depuis que la 17e épidémie d’Ebola a été déclarée dans la province de l’Ituri, un vent d’inquiétude souffle sur les zones de santé touchées. Mais cette fois, la riposte s’organise avec un renfort de poids. La Banque mondiale, fidèle à son engagement aux côtés du gouvernement congolais, vient de déployer 19 experts à Bunia. Leur mission : muscler la lutte contre le virus de la souche Bundibugyo, une variante certes moins médiatique que la souche Zaïre, mais tout aussi dangereuse.
Pourquoi un tel déploiement ? La réponse tient en un mot : coordination. Face à Ebola, chaque minute compte, et une réponse décousue peut être fatale. Ces experts, déployés via le Projet de préparation, de réponse et de résilience face aux urgences sanitaires (HEPRR), viennent épauler l’Institut national de santé publique (INSP) et les autorités provinciales. Leur objectif : transformer la panique en action structurée.
Concrètement, comment ces spécialistes de la Banque mondiale vont-ils agir ? Leur champ d’action couvre les piliers essentiels d’une riposte efficace. D’abord, la surveillance épidémiologique. Tel un réseau de sentinelles, ils traqueront le moindre cas suspect, cartographieront les chaînes de transmission et briseront les chaînes de contamination. En Ituri, où les mouvements de population sont intenses, cette veille est capitale. Ensuite, le laboratoire : pouvoir diagnostiquer rapidement Ebola, c’est séparer le bon grain de l’ivraie. Des analyses fiables accélèrent la prise en charge.
Cette prise en charge des patients, justement, sera un autre front. Les experts soutiendront les soins aux malades, dans le strict respect des protocoles de prévention et contrôle des infections. Imaginez un ballet millimétré : isolement, traitement symptomatique, hydratation, tout est codifié pour éviter la propagation au sein des centres de santé. Sans oublier la communication des risques et l’engagement communautaire. Car, dans la lutte contre Ebola, la rumeur est un ennemi aussi redoutable que le virus. Expliquer, rassurer, impliquer les leaders locaux : sans cela, les meilleurs plans échouent.
La Banque mondiale n’en est pas à son coup d’essai. Depuis des années, elle appuie la RDC face aux flambées épidémiques. Ce nouvel appui à l’Ituri témoigne d’une volonté de rapprocher l’expertise des zones affectées. « Nous ne gagnons contre Ebola que si nous sommes au plus près des communautés », rappellent souvent les acteurs humanitaires. Ce principe trouve ici une illustration concrète. Les 19 experts, en se déployant à Bunia, ne viennent pas faire à la place, mais avec les équipes provinciales.
Faut-il pour autant baisser la garde ? Certainement pas. La souche Bundibugyo du virus Ebola – identifiée pour la première fois en Ouganda en 2007 – présente des symptômes similaires à ceux de la souche Zaïre : fièvre hémorragique, vomissements, diarrhées, parfois saignements. Elle se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée ou d’un animal contaminé. Et même si des avancées comme les vaccins et les traitements existent désormais, la prévention reste la meilleure arme.
Pour la population de l’Ituri, quelques gestes simples sauvent des vies : se laver régulièrement les mains, éviter de toucher une personne malade, signaler tout décès suspect aux autorités sanitaires. En parallèle, le renforcement des capacités locales promis par le ministère de la Santé via l’INSP prend tout son sens. Car une riposte durable contre Ebola ne se décrète pas, elle se construit jour après jour.
Alors que le monde garde les yeux rivés sur le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, l’épidémie en Ituri rappelle une vérité dérangeante : Ebola n’a pas disparu. Mais avec des partenaires comme la Banque mondiale, la RDC peut espérer contenir cette 17e flambée. Les 19 experts à Bunia ne sont pas une baguette magique, mais un outil précieux. À condition que chaque Congolais, du village le plus reculé à la plus haute sphère de décision, reste mobilisé.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
