L’alerte a parcouru les réseaux sociaux comme une traînée de poudre : un cas de maladie à virus Ebola aurait été détecté à Kinshasa. Pourtant, l’Institut National de Santé Publique (INSP) vient d’apporter un démenti catégorique à cette information, dans un communiqué de presse officiel. « Aucune déclaration officielle n’a été faite concernant la présence de cas confirmés d’Ebola dans la ville-province de Kinshasa », martèle l’INSP, appelant d’urgence à ne pas céder à la panique. Ce rappel à l’ordre tombe à point nommé dans une capitale où la rumeur peut parfois voyager plus vite que le virus lui-même.
Mais pourquoi de telles rumeurs Ebola surgissent-elles ? Suffit-il d’un message WhatsApp ou d’un post Facebook pour faire vaciller la confiance d’une ville de plus de 12 millions d’habitants ? Les spécialistes de l’INSP le savent : les fausses informations en période post-épidémique (la RDC a connu plusieurs flambées) agissent comme un carburant pour la psychose collective. Un simple malentendu, une fièvre hémorragique d’une autre origine, et voilà le spectre d’Ebola qui ressurgit. Or, l’INSP le rappelle : aucun cas confirmé Ebola n’a été enregistré, ni à Kinshasa, ni ailleurs pour l’instant. La distinction est capitale.
Rappelons ce qu’est la maladie à virus Ebola. Comme un feu de brousse, elle se déclare brutalement : fièvre intense, douleurs musculaires, vomissements, diarrhées, puis parfois des saignements. Mais contrairement à un rhume, elle ne se transmet pas par l’air ambiant, mais par contact direct avec les liquides corporels d’une personne contaminée. Et surtout, le virus ne circule pas de façon invisible dans la population. Chaque cas potentiel déclenche immédiatement une cascade de vérifications : prélèvements, analyses en laboratoire, enquêtes autour du patient. C’est ce maillage serré – la fameuse surveillance épidémiologique – qui permet de détecter toute chaîne de contamination avant qu’elle ne s’emballe.
Justement, l’INSP a tenu à rassurer : ses équipes techniques sont mobilisées sur l’ensemble du territoire national. Cette surveillance épidémiologique, c’est un peu comme un radar installé aux quatre coins du pays. Dès qu’un signal suspect apparaît, des experts se déploient pour confirmer ou infirmer. Cette stratégie, rodée lors des précédentes épidémies – notamment dans l’Est de la RDC – a fait ses preuves. « Nous poursuivons une veille active pour apporter une réponse rapide, coordonnée et efficace », souligne le communiqué. Une manière de dire que le démenti d’aujourd’hui n’est pas un blanc-seing pour baisser la garde, mais au contraire la preuve que le système fonctionne.
Alors, que doit faire le citoyen kinois face à une alerte sanitaire qui lui parvient sur son téléphone ? La recommandation de l’INSP est sans appel : se référer exclusivement aux canaux officiels du ministère de la Santé. Pas de partage précipité d’un message non vérifié. Pas de course aux stocks de désinfectant sur la base d’une capture d’écran douteuse. En cas de doute, le bon réflexe est de contacter les numéros verts mis à disposition ou de consulter le site de l’INSP. La panique, en santé publique, est parfois plus contagieuse et plus dévastatrice que le pathogène lui-même – elle paralyse l’économie, surcharge les hôpitaux, et détourne l’attention des vrais risques sanitaires, comme le paludisme ou la typhoïde qui sévissent quotidiennement.
Enfin, ce démenti INSP rappelle une vérité essentielle : la lutte contre les épidémies se gagne aussi par l’information fiable. Chaque rumeur Ebola qui circule sans fondement est une brèche dans la confiance envers les autorités sanitaires. Alors, restons vigilants, mais surtout rationnels. Les Kinois n’ont pas à avoir peur d’un virus qui n’est pas là, mais ils doivent continuer à appliquer les gestes barrières qui protègent de toutes les maladies transmissibles : lavage des mains, cuisson correcte des aliments, et consultation précoce en cas de fièvre inexpliquée. La santé publique est un bien commun, et chacun, en s’informant correctement, devient un rempart contre la désinformation.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
