C’est un vent de révolution qui souffle sur le fauteuil tant convoité de la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA). Lundi 11 mai 2026, dans une salle bondée de Kinshasa, Véron Mosengo-Omba, candidat unique à la présidence, a livré sa vision. Un programme sans appel pour un football congolais à l’agonie. Refondation ou illusion ? L’ancien secrétaire général de la CAF a tranché : ce sera la refondation du football congolais, rien de moins.
Onze piliers. Onze chantiers titanesques. Voilà le squelette d’un projet de gouvernance FECOFA qui se veut la clé de la résurrection. Bonne gouvernance, stabilité des compétitions, développement des infrastructures, professionnalisation du football féminin, formation des jeunes… Tout y passe. Mais le cœur battant de cette ambition, c’est le maillon faible : le football de base dans les 26 provinces.
Imaginez un réseau national de détection, des encadreurs formés en masse, des terrains qui sortent de terre, et une égalité des chances pour chaque gamin du Kasaï au Kongo Central. Est-ce un rêve ? Pour Véron Mosengo-Omba, c’est une urgence. « Sans racines, l’arbre ne tient pas debout », semble-t-il marteler. La détection précoce des talents, la structuration des clubs amateurs, la mise en place d’infrastructures dignes : voilà le carburant de la refondation football congolais.
Mais le candidat n’est pas dupe. À ceux qui l’accusent de jouer les marionnettes de puissances étrangères, sa réponse claque comme un coup de sifflet : « Ceux qui m’attaquent ont peur de la gouvernance. » Des « fantasmes », balaie-t-il d’un revers. Le processus électoral ? « Transparent, sans interférence de la FIFA ou de la CAF. » Un uppercut à ses détracteurs, qui espéraient peut-être le voir trébucher avant l’échéance.
Véron Mosengo-Omba incarne une rupture. Il ne promet pas de simples ajustements, mais une révolution de palais. « Rompre avec les pratiques du passé », scande-t-il. Des années de crises, de suspicions, de résultats faméliques sur la scène continentale : le football RDC a touché le fond. Alors, quand un homme au CV long comme le fleuve Congo brandit un tel projet gouvernance FECOFA, l’espoir renaît. Mais la route est minée.
L’élection à la FECOFA s’annonce comme un plébiscite, faute de concurrence. Ironie du sort : le candidat unique doit convaincre. Convaincre les Ligues provinciales, les clubs, et surtout les millions de Congolais qui ne rêvent que de voir leurs Léopards rugir de nouveau. Son projet, bâti sur 11 axes, ressemble à une partition symphonique. Chaque note compte : la rigueur administrative doit répondre à la passion du jeu ; la transparence doit chasser les démons du passé.
Certains s’interrogent : d’où viennent les financements ? Comment transformer les promesses en actes dans un pays où les infrastructures sportives sont souvent des mirages ? L’ancien secrétaire général de la CAF ne livre pas de baguette magique, mais une méthode. Un cap. Et dans le marasme ambiant du football RDC, un cap, c’est déjà un continent de promesses.
Lundi, à Kinshasa, un homme a planté son drapeau. Il a juré de rendre au football congolais sa dignité perdue. Alors, simple coup de com’ ou véritable déflagration ? Les urnes le diront bientôt. Mais une chose est sûre : avec ce projet de refondation du football congolais, Véron Mosengo-Omba a sorti les griffes. Et le vieux lion de la FECOFA n’a qu’à bien se tenir.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net
