Le 20 mai 2026, le football congolais connaîtra-t-il une élection ou une simple intronisation ? Mardi 12 mai, la Commission électorale de la Fédération congolaise de football association (FECOFA) a tranché : Véron Mosengo sera l’unique candidat à la présidence. Un véritable KO administratif pour ses rivaux, dont les recours ont été balayés d’un revers de main.
Dans une décision qui fera date, la Commission de recours électoral, jugeant en dernier ressort, a déclaré recevables mais non fondés les appels de Jean-Claude Mukanya Kabeya, Kevin Issa Mutshioko, Aziz Makukula, Rainier-Patrice Mangenda Suku Swa et Jean-Max Mayaka Bolotosako. Cinq prétendants renvoyés aux vestiaires avant même le coup d’envoi de cette présidentielle 2026. Pire, les désistements volontaires de Christophe Nonda Shabani, Bosco-Michel Mwehu Beya Kofela et Jean-Didier Masamba Malunga ont fini de dégager le chemin. À présent, Véron Mosengo et sa liste exécutif avancent seuls vers le scrutin.
Mais comment en est-on arrivé à une telle hégémonie ? Le feuilleton des recours a mis en lumière des tensions sourdes. Rainier-Patrice Mangenda, dans une correspondance du 9 mai, n’a pas mâché ses mots, dénonçant des irrégularités et une modification des règles électorales en plein vol. Selon lui, l’appel à candidatures initial du 5 avril 2026 aurait été subrepticement révisé le 28 avril. Une manœuvre qui jette le discrédit sur le processus. La Commission électorale, elle, a maintenu le cap, validant à l’unanimité la seule liste en lice. Fin de partie ?
La liste conduite par Véron Mosengo s’articule autour de figures connues du football RDC FECOFA. Dayoni Wawa comme premier vice-président, Amadou Diaby en deuxième, Mosango Ebisa Lolo en troisième, et Singa Boyenge en quatrième viendront épauler le futur patron du ballon rond national. S’y ajoutent des membres tels que Kishiko Hamba, Nkoy Mulata, Lelo Mayasilua Mantama, Kamuena Lubamba Jean, Kapondo Kantamga Jeeph, Ngiama Lumumba Shadrack, la présence féminine de Musumbuku Nyenyezi Solange, et d’autres encore : Kalala Nsantu, Mputu Ilua, Lukusa Kanjinga Geneviève. Un exécutif pléthorique qui devra relever le défi de la reconstruction post-normalisation.
Cette élection FECOFA 2026 à candidat unique rappelle les heures sombres des scrutins sans suspense. Sur le papier, Véron Mosengo sera plébiscité le 20 mai. Mais une question hante les acteurs du ballon rond congolais : peut-on légitimement parler d’élection FECOFA 2026 lorsque l’isoloir ne propose qu’un seul bulletin ? Le candidat unique brandit l’argument de la continuité, mais ses détracteurs y voient une confiscation du pouvoir.
L’enjeu dépasse la simple personne du président. Depuis la mise sous normalisation, la FECOFA présidentielle mai 2026 est censée tourner la page d’une gouvernance provisoire. Élire un comité exécutif légitime, c’est renvoyer le signal que le football congolais reprend son destin en main. Pourtant, l’absence de concurrence réelle pourrait faire perdurer les querelles internes. Si le sacre de Mosengo paraît inéluctable, la contestation pourrait bien se déplacer des urnes vers les prétoires ou la rue.
Reste à savoir comment Véron Mosengo compte transformer cet essai. Avec une liste exécutif plébiscitée, il aura les coudées franches pour appliquer son programme. Mais gare aux faux pas : en RDC, le football est une passion nationale qui aiguise les critiques. Un faux départ et c’est une avalanche de contestations qui pourrait s’abattre sur la nouvelle équipe. Les supporteurs, échaudés par des années d’instabilité, demandent des résultats concrets : relance des championnats locaux, transparence financière, retour en force des Léopards sur la scène internationale.
L’élection du 20 mai sera-t-elle le point final à la normalisation ou le début d’une nouvelle zone de turbulences ? Pour l’heure, Véron Mosengo a le champ libre. Mais dans un football RDC FECOFA où les alliances se font et se défont au gré des intérêts, cette marche triomphale solitaire pourrait cacher bien des traquenards. Réponse dans les urnes, ou plutôt sur le terrain de la légitimité.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net
