C’est désormais officiel : l’élection du comité exécutif de la Fédération congolaise de football association (FECOFA) se jouera sans le moindre duel. Mardi 12 mai, la Commission électorale a confirmé la candidature unique de Véron Mosengo, transformant le scrutin du 20 mai en un véritable chemin royal. Un fauteuil présidentiel, quatorze sièges autour de lui, et pas l’ombre d’un adversaire. Le football congolais retient son souffle devant ce scénario inédit.
Ce verdict tombe après l’examen des multiples recours. Jean-Claude Mukanya Kabeya, Kevin Issa Mutshioko, Aziz Makukula… tous espéraient bousculer l’ordre établi. Leur espoir s’est fracassé contre un mur juridique : la Commission de recours électoral, statuant en dernier ressort, a jugé leurs requêtes « recevables mais non fondées ». Un à un, les prétendants ont vu leurs ambitions s’évanouir. Pire encore, d’autres candidats comme Christophe Nonda Shabani ou Bosco-Michel Mwehu ont préféré jeter l’éponge volontairement. Une hécatombe qui laisse Véron Mosengo seul maître à bord.
Mais cette voie royale est-elle vraiment sans tache ? Dans une correspondance datée du 9 mai, le candidat Rainier-Patrice Mangenda Suku Swa tire la sonnette d’alarme. Il dénonce des modifications des règles électorales en plein processus, intervenue le 28 avril, soit après l’appel à candidatures du 5 avril. « Une fraude déguisée », murmure-t-on dans les coulisses. La Commission électorale reste pourtant inflexible, validant une liste unique. Le football congolais va-t-il accepter ce dénouement sans broncher ?
La liste conduite par Véron Mosengo affiche une équipe plurielle et prête à l’action. Au poste de premier vice-président, Dayoni Wawa ; à la deuxième vice-présidence, Amadou Diaby ; et Mosango Ebisa Lolo comme troisième. Singa Boyenge complète ce quatuor de choc. Parmi les membres, on retrouve des noms familiers : Kishiko Hamba, Nkoy Mulata, Kalala Nsantu ou encore l’ambitieuse Solange Musumbuku Nyenyezi. Une armada qui promet de bousculer la gestion de la fécafoot des années à venir. Pourtant, sans concurrence, l’enthousiasme cède parfois la place au scepticisme.
Cette élection sans adversaire marque-t-elle la fin de la période de normalisation ? Beaucoup l’espèrent. Depuis des mois, la FECOFA cherchait un nouveau souffle après des années de turbulences. Véron Mosengo, fort de son expérience à la CAF, incarne une figure de renouveau. Mais un sacre par KO, sans même monter sur le ring, laissera-t-il un goût amer ? Le 20 mai, les projecteurs seront braqués sur Kinshasa. Le football congolais, lui, attend des actes plus que des promesses.
À l’heure où les métaphores guerrières se mêlent aux espoirs de stabilité, un constat s’impose : la gouvernance du ballon rond congolais s’apprête à changer de mains. Reste à savoir si cette passation de pouvoir, aussi silencieuse qu’une finale jouée d’avance, portera les fruits tant attendus.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net
