Une question brûle les lèvres de tout amoureux du basketball congolais : comment les Léopards basketball peuvent-ils rugir de nouveau alors que leurs proies – les tickets pour le Qatar 2027 – exigent des crocs affûtés, et qu’eux-mêmes sont laissés sur la paille ? Plus qu’une simple compétition, la troisième fenêtre des éliminatoires de la Coupe du monde, prévue en juillet 2026, ressemble désormais à un mirage amer, noyé dans les promesses non tenues.
Car le constat est implacable. Alors que les géants du continent peaufinent leurs automatismes à coups de stages coûteux, la préparation basket RDC se heurte à un mur d’argent. En cause : les primes impayées RDC depuis la dernière fenêtre à Dakar. Une ardoise qui plombe le moral des troupes, comme l’a confié Paulin Kabongo, président de la Fédération, au cours d’une interview vitriolée. Ses mots claquent comme un coup de sifflet dans une cathédrale : « Jusqu’à ce jour, quand bien même il s’agit des éliminatoires de la Coupe du monde de basketball Qatar 2027, nous n’avons même pas encore reçu un rond de cette compétition-là. Alors que monsieur le ministre des Sports était sur place à Dakar. »
L’aveu est terrible, car à ce niveau de compétition, l’état d’esprit est aussi crucial que la détente sèche. Paulin Kabongo ne s’y trompe pas : « Tout dépend de l’état physique, de l’état d’esprit du joueur, mais surtout de la préparation. Et une bonne préparation suppose avoir les moyens. » La préparation basket RDC se réduit donc à un exercice de survie quand les adversaires bénéficient d’une logistique huilée. Comment exiger de ces guerriers qu’ils livrent bataille le ventre vide et l’esprit encombré de factures impayées ?
Les chiffres de la précédente campagne restent muets, mais le silence des caisses, lui, est assourdissant. La sélection traverse une zone de fortes turbulences, une discrimination à peine voilée que le patron de la fécobasket dénonce avec une colère froide : « Le traitement qu’on a réservé au football n’est pas celui qu’on nous réserve. » Dans le pays des Léopards football, les dribbleurs de parquet se sentent comme des cousins pauvres, exclus du festin. Cette disparité de traitement amidonne une frustration qui pourrait bien fissurer l’unité du groupe au pire moment.
Pourtant, au milieu de ce marasme, la flamme ne s’éteint pas. Paulin Kabongo affiche un optimisme de fer, presque un défi lancé à l’indifférence : « Si on nous donne un peu de moyens, nous avons des joueurs capables d’arracher la qualification pour la Coupe du monde. » La promesse est belle, mais elle sonne comme un SOS. Les Léopards basketball ont besoin plus que jamais d’un électrochoc, d’une perfusion financière pour que les paniers chantent le rêve qatari et non la complainte des perdants.
Car derrière le tableau d’affichage, c’est toute la crédibilité sportive de la RDC qui se joue. Laisser pourrir une génération talentueuse faute de primes, c’est scier la branche sur laquelle tout le basket congolais est assis. Alors, à quelques mois de la fenêtre décisive, l’enjeu n’est plus seulement tactique : il est vital. Il faudra plus que des discours pour transformer l’essai ; il faudra que les promesses s’alignent enfin sur les lancers francs.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net
