Le vent de la reconquête souffle sur la tanière des Léopards. Dans l’ombre des certitudes offensives, un nom gronde avec une force nouvelle : Afimico Pululu. Et si la solution au puzzle tactique de Sébastien Desabre se trouvait en Pologne ? L’attaquant de Jagiellonia Białystok a officiellement intégré la présélection de l’équipe nationale en vue de la Coupe du Monde 2026, a confirmé son club. Une annonce qui claque comme un uppercut et relance le débat sur la hiérarchie des buteurs congolais.
Rarement une saison n’avait plaidé avec autant d’éloquence pour un joueur exilé. Afimico Pululu ne frappe pas à la porte, il la défonce à coups de buts. Jusqu’au 12 mai, le natif de Luanda a disputé 44 rencontres sous les couleurs jaune et rouge du Jagiellonia, pour un bilan qui fait tourner les têtes : 19 réalisations et 8 passes décisives toutes compétitions confondues. Des statistiques de tueur des surfaces qui dépassent de loin le simple feu de paille. Où était-il passé ? Comment un tel talent a-t-il mûri loin des radars ? La réponse tient en deux mots : travail et résilience. À 27 ans, l’âge de la plénitude pour un attaquant, Pululu a trouvé le terreau idéal pour exploser, alliant vitesse, puissance et ce sang-froid glacial qui transforme un bon avant-centre en finisseur d’élite.
Sébastien Desabre, architecte patient de cette nouvelle ère des Léopards, ne s’y est pas trompé. L’inclure dans cette large liste, c’est déjà une profession de foi. Dans le marécage des présélections, où les noms valsent parfois sans lendemain, celui de Pululu a le poids d’un obus. Le sélectionneur l’observe depuis des mois, décortique ses déplacements, son jeu de corps, sa complicité avec les milieux. La Coupe du Monde 2026 exige des certitudes offensives ancrées. Fiston Mayele, Cédric Bakambu, Silas Katompa ou même le revenant Ben Malango animent la concurrence, mais Afimico Pululu a une carte maîtresse : une régularité de métronome devant le but et cette faculté à peser offensivement contre n’importe quel bloc défensif. Son profil hybride, capable de jouer en pivot comme de prendre la profondeur, pourrait offrir à Desabre une arme secrète contre les blocs bas qui étouffent souvent les fauves face à des adversaires regroupés.
Pourtant, l’aventure est encore suspendue au fil tranchant du choix final. La présélection n’est qu’un roman dont seul le dénouement compte. Reste à savoir si l’attaquant du Jagiellonia Białystok aura convaincu l’état-major technique lors des derniers rassemblements ou à travers les images décortiquées par la cellule d’analyse. L’équation est simple mais redoutable : transformer une saison polonaise éblouissante en billet pour le grand rendez-vous mondial. L’histoire récente des Léopards regorge de ces avant-centres qui, après un coup d’éclat, disparaissent des radars. Pululu saura-t-il briser ce plafond de verre ? L’intéressé affiche une détermination minérale, comme en attestent ses récents posts sur les réseaux sociaux où il apparaît affûté, le regard habité par ce mélange d’ambition et d’humilité.
La République Démocratique du Congo retient son souffle. Avec un tel volume de jeu, des statistiques aussi écœurantes et une fraîcheur physique intacte, l’attaquant pourrait incarner le chaînon manquant dans le puzzle de Sébastien Desabre pour la Coupe du Monde 2026. Sa sélection définitive célébrerait la vitalité du réservoir congolais, capable d’exporter et de révéler des talents partout en Europe, y compris dans des championnats moins médiatisés mais terriblement exigeants. L’avenir immédiat nous dira si le lion polonais rugira enfin sous le maillot national, ou si la route vers le Mondial s’arrêtera prématurément pour celui qui aura été, le temps d’une saison, le buteur providentiel que peu attendaient.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: footrdc.com
