Dans un contexte économique régional marqué par une concurrence accrue et des défis logistiques persistants, la République Démocratique du Congo et la Zambie viennent de franchir une étape décisive pour dynamiser leurs échanges. La réunion de haut niveau tenue ce lundi 20 avril à Kinshasa entre les ministres du Commerce des deux pays a abouti à des avancées concrètes, notamment sur la mise en œuvre d’infrastructures frontalières modernes et la lutte contre les pratiques commerciales déloyales. Cette coopération économique bilatérale renforcée vise à transformer une frontière longtemps perçue comme un goulot d’étranglement en un véritable corridor de prospérité.
Au cœur des discussions entre Julien Paluku Kahongya et Chipoka Mulenga figurait l’évaluation de leur accord commercial RDC Zambie. Les deux responsables ont passé en revue les progrès accomplis et identifié les leviers pour booster un volume d’échanges encore en deçà de son potentiel. La pierre angulaire de cette relance repose sur la concrétisation rapide des projets de poste frontalier arrêt unique (OSBP). Les sites de Kasumbalesa, Kipushi, Sakania et Mukambo, points de passage stratégiques, doivent ainsi bénéficier d’une construction et d’une digitalisation accélérées. Ces infrastructures frontalières Kasumbalesa et autres permettront de fluidifier radicalement le trafic des marchandises, réduisant les délais de passage, les coûts de transaction et la corruption informelle.
Pour garantir l’effectivité de ces engagements, une commission mixte d’experts a été officiellement installée. Son mandat est clair : transformer les décisions politiques en réalités opérationnelles. Elle devra superviser l’exécution des travaux d’infrastructure et veiller à l’harmonisation des procédures douanières. L’objectif affiché est d’accroître de manière significative le volume des échanges commerciaux dans les prochains trimestres. Mais cette ambition quantitative s’accompagne d’une exigence qualitative : assainir l’espace économique commun. Comment ? En instaurant des règles du jeu équitables pour les opérateurs des deux nations.
C’est ici qu’intervient le deuxième pilier de cette coopération : la lutte contre le dumping RDC Zambie. Cette pratique, qui consiste à inonder le marché voisin de produits à des prix artificiellement bas, représente un poison pour les industries naissantes. Elle fausse la concurrence et étouffe dans l’œuf les efforts de diversification économique. La nouvelle commission aura donc pour tâche de renforcer les mécanismes de surveillance et de riposte commerciale, en collaboration avec les organisations sous-régionales. Cette démarche proactive est essentielle pour protéger les filières agro-industrielles et manufacturières locales, créatrices d’emplois et de valeur ajoutée.
Devant la presse, le ministre zambien Chipoka Mulenga a salué cette dynamique, soulignant que « ce renforcement de la coopération économique bilatérale est essentiel pour nos deux pays ». Cette synergie, élargie à la présence des ambassadeurs et d’un collège d’experts techniques, envoie un signal fort aux investisseurs régionaux et internationaux. Elle démontre une volonté politique partagée de dépasser les lourdeurs administratives pour construire un partenariat gagnant-gagnant. À l’heure où les chaînes d’approvisionnement mondiales sont remises en question, la consolidation d’un axe commercial solide entre la RDC et la Zambie apparaît comme une stratégie de résilience et de croissance.
À moyen terme, les effets de cette feuille de route ambitieuse pourraient être substantiels. Une frontière fluidifiée et digitalisée à Kasumbalesa et ailleurs attirera des investissements dans la logistique et les services connexes. Une régulation plus stricte contre le dumping protégera les producteurs locaux et encouragera les investissements productifs. La RDC et la Zambie, riches en ressources minières et agricoles, pourraient ainsi développer des chaînes de valeur intégrées, transformant sur place leurs matières premières plutôt que de les exporter à l’état brut. Cette rencontre à Kinshasa n’est donc pas qu’un simple point d’étape diplomatique ; elle pourrait bien être le coup d’envoi d’une nouvelle ère pour le commerce intra-africain dans cette partie du continent, à condition que la volonté politique soit soutenue par une exécution rigoureuse sur le terrain.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
