Dans un pays où près de 70% de la population vit en milieu rural, la recherche de modèles économiques inclusifs et durables constitue un impératif national. C’est dans ce cadre que le ministre d’État chargé du Développement rural, Grégoire Mutshail Mutomb, a présenté devant le Conseil des ministres une approche structurante visant à généraliser les coopératives multisectorielles et polyvalentes sur l’ensemble du territoire de la République Démocratique du Congo. Cette initiative, qui s’appuie sur la célébration imminente de la Journée internationale des coopératives le 4 juillet, dépasse la simple commémoration pour se positionner comme un véritable levier stratégique de transformation socio-économique.
Mais quelle est la portée réelle de ce projet ? Loin d’être un simple vœu pieux, l’approche défendue par Grégoire Mutshail Mutomb entend faire des coopératives multisectorielles RDC l’épine dorsale du développement rural Congo. Considérées comme un outil clé de l’économie sociale, ces structures sont conçues pour opérer dans divers secteurs – agriculture, artisanat, petit commerce, services – afin de créer des synergies et de maximiser l’impact sur les communautés. Le ministre souligne leur rôle déterminant dans la création d’emplois milieu rural, la réduction substantielle de la pauvreté et la promotion d’une inclusion sociale souvent négligée.
Concrètement, le plan vise à transformer la Journée internationale des coopératives en une plateforme de lancement et d’accélération. Une série d’activités sera déployée à travers le pays : conférences techniques, tables rondes sur la gouvernance coopérative, et campagnes massives de sensibilisation. L’objectif est double : renforcer la compréhension des valeurs coopératives par le grand public et mettre en lumière les succès déjà engrangés par ce mouvement. Cette stratégie de plaidoyer vise à attirer les jeunes entrepreneurs et à consolider les réseaux de solidarité, essentiels pour une économie sociale RDC résiliente.
Sur le plan économique, l’impact potentiel est considérable. Les coopératives multisectorielles peuvent agir comme des amortisseurs face aux chocs externes, en diversifiant les sources de revenus des ménages ruraux. En mutualisant les ressources, les compétences et l’accès aux marchés, elles permettent de réduire les coûts de transaction et d’augmenter le pouvoir de négociation des producteurs. Pour Grégoire Mutshail Mutomb, il s’agit de construire un écosystème où la valeur ajoutée reste au sein des communautés, stimulant ainsi une croissance endogène. Comment, sinon, atteindre les zones les plus reculées, souvent laissées pour compte par les circuits économiques traditionnels ?
Les défis, cependant, ne doivent pas être sous-estimés. La réussite de cette ambition passe par un cadre juridique et fiscal incitatif, une formation adéquate des membres et un accès facilité au financement. La mise en réseau des coopératives à l’échelle nationale pourrait permettre des économies d’échelle et un partage d’innovations. Si elle est menée à bien, cette politique pourrait redessiner la carte économique des provinces, en faisant des zones rurales des pôles d’activité dynamiques plutôt que de simples réservoirs de main-d’œuvre.
À moyen terme, le succès de cette initiative se mesurera à l’aune de plusieurs indicateurs clés : le nombre de coopératives créées ou consolidées, le volume d’emplois décents générés, et l’amélioration tangible des conditions de vie dans les campagnes congolaises. En dotant la RDC d’un maillage solide de coopératives multisectorielles, Grégoire Mutshail Mutomb pose les fondations d’un développement plus équilibré et inclusif. L’enjeu est de taille, mais la mobilisation autour de ce modèle d’économie sociale RDC pourrait bien constituer l’un des chapitres les plus prometteurs de la modernisation du pays.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
