Les villages de Mindjendje, Mpety et Mera, situés dans la localité de Banakindi, en groupement Kisimba, territoire de Walikale au Nord-Kivu, se sont vidés de leurs habitants depuis le dimanche 30 août dernier. Ces déplacements massifs font suite à des bombardements liés aux combats entre les rebelles de l’AFC/M23 et les Forces armées de la RDC (FARDC), appuyées par les combattants wazalendo, dans la région de Pinga.
Selon des sources coutumières locales, des tirs d’artillerie et des largages de bombes ont été signalés notamment à Mpety et Mindjendje. Ces raids visaient à contraindre les FARDC et leurs alliés à abandonner leurs positions. Face à cette menace, de nombreux ménages ont fui vers Pinga, où ils sont actuellement hébergés dans des familles d’accueil.
Une situation humanitaire préoccupante
Le secrétaire administratif du groupement Kisimba, Lavie Changwi, décrit une situation humanitaire difficile. Les déplacés ont besoin d’abris, de vivres et de soins médicaux. Il appelle les acteurs humanitaires à intervenir rapidement et plaide pour un dénombrement des ménages déplacés afin d’évaluer précisément leurs besoins et de faciliter une assistance adaptée.
Un retour fragile après des années d’exil
Ces nouveaux déplacements surviennent alors que les habitants de Mindjendje, Mpety et Mera avaient regagné leurs villages il y a près d’une année, après avoir passé plus de deux ans en déplacement en raison de l’insécurité. Pour les acteurs locaux, ce mouvement de population pourrait marquer le début d’une nouvelle phase de déplacement dans la région de Pinga, déjà affectée par les affrontements armés.
Des villages toujours sous contrôle des FARDC et des wazalendo
Malgré les combats et les bombardements rapportés, Mindjendje et Mpety restent sous le contrôle des FARDC et des wazalendo, selon les mêmes sources. Cette situation laisse entrevoir une accalmie relative, mais la crainte de nouvelles violences persiste parmi les populations déplacées.
La fuite vers Pinga s’inscrit dans un contexte régional marqué par des affrontements récurrents entre l’AFC/M23 et les forces loyalistes. Les habitants de ces villages, déjà éprouvés par des années de déplacement, se retrouvent à nouveau confrontés à l’incertitude. L’hébergement dans des familles d’accueil, bien que vital, exerce une pression supplémentaire sur des communautés hôtes aux ressources limitées. Les besoins exprimés par les déplacés – abris, nourriture, soins – reflètent l’urgence d’une réponse humanitaire coordonnée.
Le dénombrement des ménages déplacés, demandé par les autorités coutumières, apparaît comme une étape essentielle pour adapter l’aide aux réalités du terrain. Sans données précises, les interventions risquent de rester insuffisantes ou mal ciblées. La situation à Mindjendje, Mpety et Mera illustre la fragilité des retours de populations dans les zones de conflit du Nord-Kivu, où les accalmies sont souvent temporaires et les déplacements répétés.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
