Dix-huit jeunes entrepreneurs congolais viennent de signer des contrats de crédit avec le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI), ce mardi à Kinshasa. Ce financement, octroyé dans le cadre du programme « VIJANA », vise à soutenir des projets de transformation industrielle portés par des jeunes de 18 à 35 ans. L’initiative, développée en partenariat avec le Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC), se distingue par des conditions assouplies et un taux d’intérêt réduit, rendant le crédit plus accessible à une jeunesse souvent exclue du système bancaire classique.
Un crédit à 4 % pour lever les barrières
Le programme « VIJANA » prévoit des prêts pouvant atteindre 50 000 dollars américains, avec un taux d’intérêt annuel ramené à 4 %, contre 6 % auparavant. Cette baisse, couplée à la garantie apportée par le FOGEC, permet aux jeunes promoteurs de ne plus être pénalisés par l’absence de sûretés matérielles. Concrètement, un entrepreneur qui emprunte 10 000 dollars remboursera 400 dollars d’intérêts par an, au lieu de 600 dollars dans l’ancien dispositif. L’assouplissement des conditions d’accès répond à un besoin pratique : beaucoup de jeunes ont des idées viables mais ne possèdent ni terrain ni épargne à offrir en garantie.
Un accompagnement technique pour transformer les projets
Au-delà du financement, les 18 premiers bénéficiaires seront suivis par les équipes techniques du FPI. Cet accompagnement doit aider à concrétiser les projets de transformation industrielle, depuis la phase de lancement jusqu’à la mise en œuvre opérationnelle. Le directeur général du FPI, Hervé Claude Batunkoke, a souligné que l’ambition de « VIJANA » est de faire de la jeunesse « le premier capital de la nation », en misant sur la transformation locale et la compétitivité des entreprises congolaises. L’enjeu est de passer de l’idée à une activité génératrice de revenus et d’emplois, dans un pays où le tissu industriel reste peu développé.
Un appel national pour élargir l’impact
Selon les responsables du programme, plus de 50 dossiers ont déjà été enregistrés à travers le pays. Un appel à projets national sera lancé dans les prochains jours pour toucher davantage de jeunes. Cette extension géographique est cruciale : elle doit permettre de ne pas concentrer les financements sur la seule capitale et d’encourager l’émergence d’unités de transformation dans les provinces, là où les matières premières sont souvent disponibles. La cérémonie de signature s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba, qui assurait l’intérim du ministre de l’Industrie.
Le programme « VIJANA » s’inscrit dans la vision présidentielle du programme « Debout jeunes congolais », qui vise à soutenir l’entrepreneuriat, créer des emplois et accélérer l’industrialisation de la République démocratique du Congo. Pour les jeunes bénéficiaires, l’accès à ce crédit représente une opportunité de transformer des matières premières locales – agricoles, minières ou artisanales – en produits finis, réduisant ainsi la dépendance aux importations. Reste à voir si l’accompagnement technique et la rigueur de gestion permettront à ces premiers projets de devenir des modèles reproductibles, capables de stimuler une dynamique industrielle portée par la jeunesse congolaise.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
