La République démocratique du Congo a clos, lundi 13 juillet 2026, une réunion en formule Arria du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée au lien entre ressources naturelles, conflits et paix. À l’initiative de la présidence congolaise, les échanges ont mis en évidence un consensus sur la nécessité de renforcer la gouvernance internationale pour empêcher que ces richesses n’alimentent l’instabilité.
Un diagnostic partagé sur la gouvernance des ressources
Dans son discours de clôture, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a estimé que l’objectif de la rencontre avait été atteint. « Nos échanges ont confirmé une réalité fondamentale : les ressources naturelles ne constituent pas, en elles-mêmes, une fatalité conflictuelle », a-t-elle déclaré. La cheffe de la diplomatie congolaise a toutefois rappelé que l’absence de contrôle institutionnel, l’exploitation illégale et le détournement des revenus peuvent transformer ces richesses en facteurs d’instabilité.
Un appel à une responsabilité partagée
La ministre a insisté sur le principe de souveraineté permanente des États sur leurs ressources, tout en soulignant que cette souveraineté doit s’exercer dans un cadre de transparence et de coopération. Selon elle, la lutte contre l’exploitation illicite ne peut incomber uniquement aux pays producteurs. « Cette responsabilité ne saurait reposer uniquement sur les pays producteurs. Elle concerne l’ensemble de la chaîne de valeur », a-t-elle affirmé, citant les pays de transit, les entreprises et les consommateurs.
Des instruments existants aux limites reconnues
La présidence congolaise a mis en avant des mécanismes comme le Processus de Kimberley ou le Guide de l’OCDE sur le devoir de diligence. Thérèse Kayikwamba Wagner a cependant reconnu que leur mise en œuvre demeure inégale et leur articulation insuffisante. Les discussions ont révélé des divergences entre partisans d’un nouveau cadre normatif et ceux privilégiant le renforcement des outils existants. Pour la RDC, ces approches peuvent être conciliées autour d’un objectif commun : améliorer l’efficacité sans imposer de charges disproportionnées aux États producteurs ou aux communautés locales.
Une diplomatie active dans un contexte sécuritaire fragile
Cette réunion s’inscrit dans le cadre de la présidence congolaise du Conseil de sécurité pour le mois de juillet. Elle fait suite à un briefing, le 8 juillet, consacré aux violences sexuelles liées aux conflits, présidé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Ces initiatives interviennent alors que la situation sur le terrain reste tendue. Malgré le partenariat stratégique RDC-États-Unis sur les minerais critiques et l’accord de Washington entre Kinshasa et Kigali prévoyant un retrait progressif des forces rwandaises, les rebelles de l’AFC/M23 contrôlent toujours Goma et Bukavu. Le processus de Doha, sous l’égide du Qatar, reste dans l’impasse. La ministre a appelé à une approche préventive pour que les ressources naturelles deviennent un facteur de coopération et non un moteur de crises. « Nous devons passer d’une logique de réaction à une véritable logique de prévention », a-t-elle conclu.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
