Le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia Lebabonga, a signé le 3 juillet 2026 un arrêté provincial qui interdit, jusqu’à nouvel ordre, le transfert de corps sans vie depuis les zones touchées par la maladie à virus Ebola. Cette décision vise à empêcher l’introduction du virus dans la province, alors que des cas ont été confirmés dans la zone de santé de Niania, en Ituri, voisine des territoires de Bafwasende et de Bafwagbogbo.
Concrètement, aucun corps, quelle que soit la cause du décès, ne peut être transporté vers la Tshopo depuis une région affectée ou considérée à risque. Cette mesure s’appuie sur le fait que les dépouilles des personnes décédées d’Ebola restent hautement contagieuses. En bloquant ces transferts, les autorités sanitaires coupent une voie de propagation souvent sous-estimée lors des épidémies précédentes.
Un cordon sanitaire autour des dépouilles
L’arrêté ne se limite pas à l’interdiction de transport des corps. Il renforce également la surveillance aux points d’entrée de la province. Les voyageurs en provenance des zones concernées seront soumis à un contrôle systématique de la température, au lavage ou à la désinfection des mains, ainsi qu’au dépistage des symptômes évocateurs d’Ebola. Les personnes identifiées comme à risque feront l’objet d’un suivi spécifique.
Ces dispositions sont appliquées par les services de santé, la Police nationale congolaise, la Direction générale de migration et les autorités territoriales. Toute infraction expose aux sanctions prévues par la loi, sans préjudice d’éventuelles poursuites pénales. L’objectif est de créer un véritable cordon sanitaire pour protéger les habitants de la Tshopo.
Pourquoi les corps représentent un danger
Le virus Ebola se transmet par contact direct avec les liquides biologiques d’une personne infectée, vivante ou décédée. Les rites funéraires qui impliquent de toucher ou de laver le corps ont été à l’origine de nombreuses chaînes de contamination lors des flambées antérieures en République démocratique du Congo. En interdisant le transfert des dépouilles, la province applique un principe de précaution éprouvé.
Cette mesure rappelle que la gestion des corps est un pilier de la riposte contre Ebola. Elle s’accompagne généralement d’un accompagnement des familles pour des enterrements dignes et sécurisés, même si l’arrêté ne détaille pas cet aspect. L’accent est mis ici sur la limitation des mouvements transfrontaliers de corps, un risque réel quand des foyers épidémiques sont proches des limites provinciales.
Une réponse coordonnée face à la menace régionale
La déclaration de l’épidémie dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu a placé la Tshopo en état d’alerte. La confirmation de cas à Niania, à la frontière avec les territoires de Bafwasende et de Bafwagbogbo, rend la menace immédiate. L’arrêté du gouverneur s’inscrit dans une stratégie de prévention qui mise sur la détection précoce et la restriction des mouvements à risque.
Les autorités provinciales appellent la population à collaborer avec les services de santé et à signaler rapidement tout cas suspect. Cette implication communautaire est essentielle, car la rapidité de l’alerte conditionne l’efficacité de la riposte. En attendant, les mesures de contrôle aux frontières et l’interdiction de transfert des corps restent les remparts immédiats pour éviter l’apparition de nouveaux foyers dans la Tshopo.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
