Le président de la Commission économique, financière et contrôle budgétaire (ECOFIN) de l’Assemblée nationale, Guy Mafuta Kabongo, a détaillé l’utilisation prévue des fonds issus de la première émission d’eurobonds de la République démocratique du Congo (RDC). Lors de la séance plénière du 3 juillet au Palais du Peuple, il a présenté le rapport sur le projet de loi de finances rectificative 2026, en insistant sur la destination exclusive de ces ressources à des investissements structurants.
Un emprunt historique pour des projets concrets
La RDC a levé 1,25 milliard de dollars américains sur les marchés internationaux en avril dernier, une opération inédite qui a suscité une forte demande, avec un livre d’ordres dépassant 5,3 milliards de dollars. L’emprunt est structuré en deux tranches : une première à 5 ans avec un rendement de 8,75 %, et une seconde à 10 ans avec un rendement de 9,00 %. Selon Guy Mafuta Kabongo, les discussions avec le Gouvernement ont porté sur le montant, les taux d’intérêt, la mobilisation des fonds, leur traçabilité dans le budget de l’État et la liste des projets bénéficiaires.
Des investissements ciblés, pas de dépenses courantes
Le président de la Commission ECOFIN a rapporté que le Gouvernement a rassuré les députés : ces ressources ne financeront pas les dépenses de fonctionnement de l’État. Elles seront orientées vers des investissements à fort impact économique. La première tranche de 650 millions de dollars servira notamment à moderniser et étendre l’aéroport international de N’djili, à réhabiliter la Route nationale n°4 entre Kisangani et Bafwasende, et à construire l’aéroport de Luano, avec une allocation initiale de 20 millions de dollars sur un coût total estimé à 200 millions.
Énergie et connectivité au cœur des priorités
D’autres projets majeurs sont prévus : une rocade à péage de 31 kilomètres autour de Kinshasa, un réseau de lignes de transmission électrique de 330 kV vers la Zambie, et la centrale hydroélectrique de Katende au Kasaï Central. Cette dernière, d’une capacité de 64 mégawatts, verra une première phase de 16 mégawatts, avec les lignes de transmission associées. Ces investissements visent à renforcer la connectivité nationale, améliorer l’accès à l’énergie et développer le capital humain.
Un suivi budgétaire exigé par les élus
Guy Mafuta Kabongo a souligné que les échanges avec le Gouvernement ont été francs et sérieux, portant sur la captation et la traçabilité des fonds dans le budget de l’État. Cette exigence de transparence répond à la nécessité de s’assurer que chaque dollar emprunté soit effectivement investi dans les projets annoncés, et non détourné vers d’autres usages. La Commission ECOFIN entend ainsi exercer un contrôle rigoureux sur l’exécution de ces dépenses exceptionnelles.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
