Un centre de santé a ouvert ses portes le jeudi 2 juillet sur le site de Kigonze, à Bunia, pour offrir des soins primaires gratuits aux près de 17 000 déplacés qui y résident. Cette structure d’urgence vise également à accélérer le dépistage des cas suspects d’Ebola, alors que le camp enregistre des décès quotidiens depuis la déclaration officielle de l’épidémie le 15 mai dernier. L’objectif est double : assurer une prise en charge médicale continue et briser la chaîne de transmission du virus.
Une réponse sanitaire face à une mortalité préoccupante
Le site de Kigonze subit de plein fouet les conséquences de l’épidémie d’Ebola. Rien que le jour de l’ouverture du centre, trois décès ont été déplorés avant la mi-journée, dont certains formellement liés au virus. Cette situation a poussé le Gouvernement congolais et ses partenaires à activer un nouveau protocole sanitaire. Le centre de santé poursuit des objectifs précis : fournir des soins de santé primaires gratuits et continus, dépister systématiquement et rapidement tous les cas suspects, puis orienter et transférer en toute sécurité les malades identifiés vers des centres de traitement spécialisés. En complément, un centre de transit dédié aux patients atteints d’Ebola est en cours de construction sur le site même.
Désengorger les hôpitaux saturés de Bunia
Les gestionnaires du site ont exprimé leur soulagement. Selon eux, ces installations vont permettre de réduire le taux de mortalité et de limiter la transmission communautaire. Un responsable du site a expliqué l’urgence de la situation : « Nous étions très préoccupés par la nécessité d’installer un centre de santé sur le site afin de permettre aux déplacés d’être pris en charge rapidement, car les autres structures sanitaires sont déjà saturées. Certains malades tardaient à recevoir des soins faute de place. L’ouverture de ce centre répond donc à une préoccupation de tous les déplacés. Désormais, lorsqu’une personne tombe malade, elle peut s’y rendre rapidement pour être soignée. » Ce gain de temps est crucial pour la survie des patients et pour éviter que des cas suspects ne contaminent leur entourage en attendant une place à l’hôpital.
Des disparités entre les camps de déplacés
Si l’amélioration est notable à Kigonze, l’inquiétude demeure pour d’autres sites de la périphérie de Bunia. C’est notamment le cas du camp de l’ISP (Institut supérieur pédagogique), qui héberge environ 13 000 personnes. Les acteurs humanitaires y regrettent que les dispositifs de prévention, le contrôle sanitaire et les mesures d’hygiène contre Ebola restent encore largement insuffisants. Cette disparité souligne le défi de protéger l’ensemble des populations déplacées, particulièrement vulnérables face à l’épidémie.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
