Plus de 200 patients de l’hôpital de Kavumu, dans le Sud-Kivu, ont pu quitter l’établissement en début de semaine après plusieurs mois de rétention liée à des frais médicaux impayés. Cette sortie a été rendue possible par l’intervention de la Fondation Joseph Kazibaziba, dont le responsable a accepté de régler les factures médicales concernées. Pour les malades déjà guéris mais bloqués faute de moyens, cette libération de patients met fin à une attente prolongée dans un contexte local marqué par l’insécurité et la baisse des revenus des ménages.
Les sources locales rapportent, ce 26 juin, que les personnes concernées comprennent notamment des femmes et des enfants touchés par les conséquences des conflits armés dans l’Est de la République démocratique du Congo. L’hôpital se trouve à Kavumu, à une vingtaine de kilomètres de Bukavu, dans une zone où l’accès aux revenus et aux services reste fragilisé par les affrontements entre les Wazalendo et les combattants du M23.
A Kavumu, des patients guéris mais bloqués
Selon plusieurs témoignages rapportés localement, certains patients avaient terminé leurs soins pour diverses pathologies, mais ne pouvaient pas rentrer chez eux parce qu’ils n’avaient pas réglé leurs frais médicaux. Dans la pratique, cela signifie qu’une personne médicalement stabilisée ou guérie peut rester dans une structure de santé non pas pour recevoir de nouveaux soins, mais parce que sa facture demeure impayée.
Cette situation pèse particulièrement sur les familles qui vivent déjà dans des conditions économiques difficiles. Des femmes ont fait état de séjours prolongés éprouvants, parfois avec des enfants tombant malades durant cette période d’attente. Les informations disponibles ne détaillent pas les pathologies traitées ni les montants dus, mais elles montrent un même mécanisme: le manque de ressources transforme la sortie de l’hôpital en une nouvelle difficulté pour les ménages.
La Fondation Joseph Kazibaziba règle les factures
La Fondation Joseph Kazibaziba est intervenue après le déplacement d’une délégation lundi dernier à l’hôpital de Kavumu. L’objectif indiqué était d’apporter un appui aux malades affectés par la situation sécuritaire dans la région. Le responsable de la fondation a accepté de prendre en charge les factures médicales, permettant ainsi aux patients concernés de quitter l’établissement.
Dans un système de soins où le paiement des frais peut conditionner la sortie effective d’un patient, ce type d’appui a un effet immédiat et concret: il lève l’obstacle financier qui maintenait des malades dans l’hôpital. Les faits rapportés ne permettent pas de conclure à une solution durable pour tous les cas similaires, mais ils documentent une réponse ponctuelle à une situation précise, dans un établissement précis.
L’insécurité fragilise les revenus des familles
Autour de Kavumu, la précarité des ménages est liée à un environnement sécuritaire instable. Les violences récurrentes attribuées aux affrontements entre les Wazalendo et les combattants du M23 perturbent les activités agricoles, présentées comme la principale source de revenus des habitants. Quand l’agriculture est freinée, les familles disposent de moins de moyens pour payer les soins, le transport ou les dépenses du quotidien.
D’après des sources de la société civile, l’accès aux zones rurales autour de Kavumu est devenu de plus en plus difficile et risqué. Cette difficulté d’accès aggrave la vulnérabilité des populations, car elle limite les déplacements et complique les activités qui permettent normalement aux ménages de subvenir à leurs besoins. Dans ce contexte, les frais médicaux impayés ne relèvent pas seulement d’un problème individuel, mais s’inscrivent dans une chaîne de contraintes économiques et sécuritaires.
Un soulagement immédiat, un besoin de suivi
La libération de plus de 200 patients constitue un soulagement immédiat pour les personnes concernées et leurs familles. Elle permet à des malades guéris ou pris en charge de quitter l’hôpital de Kavumu après une longue attente. Elle rappelle aussi l’importance d’un suivi attentif des situations où des patients restent dans une structure de santé pour des raisons financières, surtout dans les zones affectées par l’insécurité.
Les éléments disponibles ne précisent pas les modalités futures de prise en charge ni l’existence d’autres cas en attente. La prudence reste donc nécessaire. Ce qui est établi, à ce stade, est que l’intervention de la Fondation Joseph Kazibaziba a permis de régler des frais medicaux impayes et d’ouvrir la sortie à plus de 200 patients dans le Sud-Kivu.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
