AccueilActualitéÉconomieAugustin Kabuya accuse l’opposition de vouloir incendier le Palais du peuple

Augustin Kabuya accuse l’opposition de vouloir incendier le Palais du peuple

Le 14 juin 2026, lors d’une matinée politique au siège de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) à Limete, le secrétaire général Augustin Kabuya a formulé des accusations graves contre l’opposition congolaise. Il a affirmé que des leaders regroupés au sein de la Dynamique C64 avaient planifié de mettre le feu au Palais du peuple et de semer le chaos à Kinshasa, en recrutant des miliciens Mobondo et des kuluna. Ces déclarations interviennent au lendemain d’un sit-in de l’opposition contre une éventuelle révision constitutionnelle, marqué par des heurts et des allégations de répression.

Pour comprendre la portée de ces accusations, il faut les replacer dans un climat politique déjà tendu. La manifestation du 13 juin, organisée devant le Palais du peuple, visait à dénoncer tout changement de la Constitution. Selon Augustin Kabuya, ce rassemblement n’était qu’un prétexte pour exécuter un « plan macabre » : incendier le bâtiment et provoquer une insurrection. Il a qualifié les blessures rapportées par les opposants de « vaste blague » et de « gros montage », insistant sur le fait que les services de sécurité avaient déjoué le complot.

Un plan présumé de déstabilisation

Augustin Kabuya a détaillé les intentions qu’il prête à l’opposition. Selon lui, les leaders de la C64 auraient mobilisé des miliciens Mobondo, un groupe armé actif dans certaines provinces, ainsi que des kuluna, ces jeunes délinquants urbains, pour incendier le Palais du peuple. L’objectif aurait été de « mettre le pays à feu et à sang », a-t-il déclaré. Il a ajouté que les opposants, conscients que leur plan était éventé, auraient simulé des blessures pour se victimiser.

Ces allégations s’accompagnent d’une remise en cause de la crédibilité des figures de l’opposition. Kabuya a notamment visé Martin Fayulu, le qualifiant de chrétien dont les actions contrediraient les principes. Il a aussi lié le financement de ce sit-in à des personnalités extérieures, évoquant des fonds reçus de Paul Kagame, Joseph Kabila et Moïse Katumbi. Aucune preuve n’a été fournie pour étayer ces dires, mais ils illustrent la stratégie de l’UDPS visant à discréditer le mouvement protestataire.

Des réactions contrastées dans la classe politique

Face à ces accusations, le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), formation de l’ancien président Joseph Kabila, a réagi avec fermeté. Il a dénoncé la répression du sit-in, y voyant une « atteinte grave aux droits démocratiques » garantis par la République. Cette position souligne le fossé entre l’ancien régime et l’actuel, chaque camp s’accusant mutuellement de dérive autoritaire.

De son côté, Joseph Kabila lui-même avait exhorté les Congolais à s’opposer à toute révision constitutionnelle. Mais cette prise de parole a été critiquée par certains médias, qui rappellent les manœuvres politiques sous sa propre présidence. Le quotidien Le Phare l’a ainsi qualifié de « premier pourfendeur de la Constitution », estimant qu’il n’avait « pas de leçon à donner ». Cette passe d’armes révèle une lutte d’influence où chaque acteur tente de mobiliser l’opinion autour de la défense des institutions.

L’inquiétude de la communauté internationale

Au-delà des frontières, ces tensions suscitent des réactions. L’Union Européenne a exprimé sa vive préoccupation et a soutenu l’idée de poursuites judiciaires contre les auteurs des troubles. Elle a exhorté les autorités congolaises à « faire toute la lumière » sur les violences. La Belgique, pour sa part, a pris note de l’annonce d’une enquête officielle pour établir les responsabilités.

Ces prises de position internationales ne sont pas anodines. Elles rappellent que la stabilité de la RDC a des répercussions économiques et sécuritaires régionales. Les investisseurs et les partenaires techniques surveillent de près l’évolution de la situation, car un regain d’instabilité pourrait compromettre les projets de développement et les réformes en cours. La demande de transparence judiciaire vise à éviter une escalade qui nuirait à l’image du pays.

Quelles conséquences pour la population ?

Pour les Congolais, ces affrontements politiques ont des effets concrets. La peur de violences urbaines, alimentée par les rumeurs de recrutement de milices, peut freiner l’activité économique quotidienne. Les petits commerçants, les transporteurs et les travailleurs du secteur informel sont les premiers exposés en cas de troubles. De plus, l’incertitude juridique autour de la Constitution pèse sur la confiance des ménages et des entrepreneurs.

Si les accusations de Kabuya sont fondées, elles révèlent une fragilité institutionnelle préoccupante. La capacité de groupes armés à infiltrer la capitale menacerait directement la sécurité des biens et des personnes. À l’inverse, si ces allégations sont exagérées, elles risquent d’approfondir la défiance entre le pouvoir et l’opposition, rendant tout dialogue difficile. Dans les deux cas, l’économie congolaise, déjà éprouvée, pourrait subir les contrecoups d’une crise politique prolongée.

Article Ecrit par Amissi G

Sources: radiookapi.net, actu30.cd

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