Plus de 5 000 litres d’eau sont désormais disponibles quotidiennement pour alimenter les dispositifs de lavage des mains installés aux principaux points d’accès de la ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu. Cette mesure, renforcée par les autorités provinciales, vise à freiner la propagation de la maladie à virus Ebola en imposant des gestes barrières stricts à la population. Concrètement, chaque poste de contrôle reçoit un volume d’eau suffisant pour permettre à des centaines d’usagers de se laver les mains tout au long de la journée, réduisant ainsi le risque de transmission du virus par contact.
Un dispositif renforcé pour un contrôle systématique
La rigueur est de mise aux différents postes de contrôle de Mukulya, Paida, Mavivi et Pasisi, où tous les usagers de la route doivent s’arrêter. Piétons, motards, chauffeurs de taxi ou conducteurs de gros camions sont tenus de se laver les mains avant de se soumettre à un contrôle de température corporelle. Ce double geste – hygiène et dépistage thermique – permet de détecter d’éventuels cas suspects tout en limitant la contamination manuportée. Les services de sécurité accompagnent les équipes de la riposte pour veiller au respect strict de ces directives sanitaires, garantissant ainsi l’efficacité du dispositif. Cette présence dissuasive aide à surmonter les réticences et à instaurer une discipline collective indispensable pour endiguer l’épidémie.
L’appropriation progressive par les transporteurs
Sur l’axe routier Butembo-Beni, les transporteurs commencent à intégrer ces mesures dans leur routine. Mbusa Kathehe, un conducteur de mototaxi, témoigne de son adhésion volontaire : « Moi, je reconnais que la maladie existe, elle est là et elle tue. J’ai accepté volontairement de me laver les mains. C’est normal, car la maladie existe. J’attire l’attention de ceux-là qui disent que la maladie n’existe pas. C’est comme s’ils ne comptaient pas le nombre des morts. Ils doivent savoir que la maladie existe, nous devons nous conformer aux exigences ». Cet appel souligne l’importance de la prise de conscience collective pour endiguer l’épidémie. En tant qu’acteurs mobiles, les conducteurs de mototaxi sont particulièrement exposés et peuvent devenir des vecteurs de transmission s’ils négligent les gestes barrières. Leur adhésion est donc un maillon essentiel de la riposte.
Un carrefour stratégique sous haute surveillance
La vigilance aux barrières de Beni est capitale, car ces points de contrôle filtrent les mouvements migratoires vers de nombreuses entités économiques et routières situées dans les provinces voisines de l’Ituri et de la Tshopo. En imposant le lavage des mains et le contrôle thermique, les autorités entendent limiter les risques de propagation du virus au-delà du Nord-Kivu. Cette approche pratique, qui combine hygiène et dépistage, vise à protéger à la fois les habitants de Beni et les populations des régions limitrophes. La fluidité des échanges commerciaux et des déplacements quotidiens rend ces points de passage particulièrement sensibles : un seul cas non détecté pourrait entraîner une chaîne de contamination difficile à maîtriser. C’est pourquoi le respect des consignes sanitaires à ces barrières n’est pas seulement une obligation individuelle, mais une responsabilité collective pour préserver la santé publique dans toute la région.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
