La prison centrale de Kindu, dans la province du Maniema, est confrontée à une épidémie de varicelle qui met en lumière les conditions sanitaires précaires des détenus. Au moins douze cas ont été confirmés et isolés, selon la Division provinciale de la santé. Le gouvernement provincial a débloqué des moyens d’urgence pour fournir des médicaments et désinfecter les lieux, mais un problème persistant aggrave la situation : le manque de savon pour l’hygiène quotidienne des prisonniers.
Un foyer épidémique favorisé par le manque d’hygiène
La varicelle est une maladie virale très contagieuse qui se transmet par voie aérienne ou par contact direct avec les lésions cutanées. Dans un environnement confiné comme une prison, la promiscuité accélère sa propagation. À Kindu, le facteur déclenchant identifié par les autorités sanitaires est l’absence de savon, qui empêche les détenus de se laver régulièrement. Le ministre provincial de la Santé, le Dr Alexis Kingombe Tchomba, a expliqué : « Les prisonniers ne se baignent pas par manque de savon, donc c’est un problème de propreté. » Cette carence en produits d’hygiène de base crée un terrain favorable à la transmission du virus au sein des pavillons.
Des mesures d’urgence pour contenir la contagion
Face à cette situation, les autorités provinciales ont mis en place un protocole d’urgence. Les détenus infectés ont été séparés des autres pour briser la chaîne de contamination. Le gouvernement provincial a financé l’achat de médicaments pour la prise en charge des malades. Par ailleurs, les équipes du Bureau de l’hygiène sont intervenues pour désinfecter les locaux et évaluer les besoins sanitaires de l’établissement. Le ministre a précisé que cette intervention s’ajoute à la prise en charge gratuite des cas de tuberculose récemment dépistés dans la même prison, soulignant ainsi la vulnérabilité sanitaire globale de cette population carcérale.
L’eau ne suffit pas sans savon
Il est important de noter que la prison centrale de Kindu bénéficie d’un approvisionnement continu en eau grâce à la REGIDESO. Cependant, la disponibilité de l’eau ne résout pas le problème si les détenus ne disposent pas de savon pour leur toilette quotidienne. L’hygiène corporelle est un geste barrière essentiel contre de nombreuses maladies infectieuses, y compris la varicelle. Le manque de savon transforme donc un avantage potentiel en une situation à risque, car l’eau seule ne suffit pas à éliminer le virus présent sur la peau ou les surfaces.
Une prise en charge qui révèle des lacunes structurelles
La riposte actuelle, bien que nécessaire, met en évidence des lacunes plus profondes dans la gestion sanitaire des prisons. L’isolement des malades et la distribution de médicaments sont des mesures curatives, mais elles ne s’attaquent pas à la cause profonde : l’absence de conditions d’hygiène minimales. Pour prévenir de futures épidémies, il serait essentiel de garantir un approvisionnement régulier en savon et autres produits d’hygiène, ainsi que de sensibiliser les détenus aux pratiques de propreté. La situation à Kindu rappelle que la santé en milieu carcéral est un enjeu de santé publique qui dépasse les murs de la prison, car les maladies peuvent se propager au-delà si elles ne sont pas maîtrisées.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
