Un protocole d’accord a été signé vendredi 5 juin à Kinshasa entre l’École nationale d’administration (ENA) et le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH). Ce partenariat vise à intégrer les droits humains dans la formation des futurs cadres de l’administration congolaise, un enjeu central pour la réforme de l’État.
Un cursus renforcé par des modules spécialisés
L’accord prévoit l’introduction de modules transversaux dans le programme de l’ENA. Les thèmes abordés incluent les droits de l’homme, la justice transitionnelle, le genre et la protection des populations vulnérables. Ces enseignements seront dispensés dans le cadre de la formation initiale et continue des énarques, afin de préparer les hauts fonctionnaires à intégrer ces principes dans leur pratique quotidienne.
Concrètement, le partenariat se traduira par l’organisation de séminaires et de masterclass animés par des experts des Nations unies et des praticiens du droit. Une assistance technique est également prévue pour concevoir des manuels de formation adaptés aux réalités juridiques et administratives de la RDC. L’accent sera mis sur l’éthique, la déontologie administrative et la lutte contre l’impunité au sein de l’appareil d’État, des compétences jugées essentielles pour renforcer la confiance des citoyens.
Un levier pour la redevabilité publique
Ce protocole s’inscrit dans la réforme de l’administration congolaise, qui vise à créer un service public respectueux des citoyens. En sensibilisant les gestionnaires publics aux obligations internationales de la RDC en matière de droits de l’homme, il entend limiter les dérives administratives et renforcer la transparence. La formation des énarques devient ainsi un outil de prévention des abus et de promotion d’une culture de la redevabilité.
Le directeur général de l’ENA, Tombola Muke, a salué une « étape décisive » pour son institution. Il a souligné que ce partenariat contribue à la mise en œuvre du sixième engagement du Chef de l’État, relatif au renforcement de l’efficacité du service public. Selon lui, cette collaboration permettra de mieux réaliser les missions assignées par le gouvernement, en dotant les futurs administrateurs de compétences alignées sur les standards internationaux.
Un message pour ancrer les droits humains
Patrice Vahard, directeur pays du BCNUDH, a insisté sur la portée symbolique de cet accord. Il a déclaré que ce partenariat envoie un message clair : le conflit n’est pas une fatalité et peut être transformé par des valeurs vécues. Il a ajouté que la souffrance ne doit plus être une fatalité, soulignant l’importance d’intégrer les droits humains dans la formation des élites administratives pour prévenir les crises.
La cérémonie s’est conclue par la signature officielle des documents, un échange symbolique de dossiers et une photo de famille. Ce protocole consacre la volonté d’ancrer les standards internationaux des droits de l’homme au cœur des compétences des hauts cadres de l’État, pour une gouvernance publique plus inclusive et respectueuse des libertés fondamentales. Il reste à observer comment ces modules seront effectivement déployés et évalués dans le cursus des énarques.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
