Les enseignants du territoire de Malemba Nkulu, dans la province du Haut-Lomami, ont exprimé ce lundi 27 juillet leur exaspération face au non-paiement de trois mois d’arriérés de salaire. Selon Radio Okapi, la Synergie des syndicats des enseignants de la région a lancé un appel pressant au gouvernement pour que la gestion de leur rémunération soit transférée de CARITAS vers la Trust Merchant Bank (TMB), dénonçant des irrégularités persistantes dans le processus de paiement.
Cette situation met en lumière les difficultés concrètes auxquelles sont confrontés les enseignants, qui doivent subvenir à leurs besoins sans revenu régulier. Les mois de mai, juin et juillet 2026 restent impayés, et une retenue de 4 000 francs congolais par salaire, justifiée comme frais de transport pour l’acheminement des fonds, est également contestée. Un enseignant témoigne : « Quand on appelle la sœur révérende chargée de nous payer, elle nous dit qu’il n’y a pas de salaire disponible. Pourtant, le gouvernement avait déjà débloqué les fonds. Nous demandons aux autorités de nous payer à temps et régulièrement, comme les autres enseignants. Le dernier salaire nous l’avons reçu le 22 avril. »
Un circuit de paiement sous tension
Le choix de CARITAS comme intermédiaire pour la paie des enseignants de Malemba Nkulu est aujourd’hui remis en cause. Les syndicats pointent des dysfonctionnements qui retardent l’arrivée des fonds, alors même que le gouvernement central affirme avoir débloqué les sommes nécessaires. Le transfert vers la TMB est perçu comme une solution pour garantir plus de transparence et de régularité. Ce changement d’opérateur bancaire pourrait réduire les délais et les frais annexes, comme la retenue de 4 000 francs congolais, qui ampute un pouvoir d’achat déjà fragile.
Une réponse officielle qui interroge
Contacté par Radio Okapi, le ministre provincial de l’Éducation du Haut-Lomami, Raphaël Ngoy Yol, a confirmé les faits. Il indique avoir échangé avec un délégué de CARITAS au sujet des plaintes. Selon lui, les enseignants sont rémunérés de manière trimestrielle et devraient patienter encore trois mois avant de percevoir leur dû. Le ministre avoue toutefois ignorer les raisons de ce calendrier et promet de saisir le ministre national de l’Éducation pour obtenir des éclaircissements. Cette déclaration soulève des questions sur la coordination entre les niveaux provincial et national dans la gestion de la paie des fonctionnaires de l’éducation.
Des conséquences économiques locales
L’absence de salaires réguliers pour les enseignants a un impact direct sur l’économie locale de Malemba Nkulu. Ces professionnels, qui représentent une part significative des consommateurs dans cette zone rurale, voient leur capacité d’achat réduite, ce qui freine les échanges commerciaux et accentue la précarité des ménages. La retenue de 4 000 francs congolais, bien que modeste en apparence, s’ajoute à un manque à gagner déjà lourd pour des familles qui dépendent entièrement de ce revenu. La situation pourrait également affecter la qualité de l’enseignement si le découragement gagne les salles de classe.
Jusqu’à présent, CARITAS n’a pas réagi aux sollicitations de Radio Okapi. En attendant, les enseignants maintiennent leur exigence d’un paiement rapide et d’un changement de circuit bancaire, espérant une intervention rapide des autorités pour éviter une dégradation supplémentaire de leurs conditions de vie.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
