Le compositeur congolais Pascal Poba est décédé ce vendredi matin à Kinshasa, à l’âge de 67 ans. Sa famille a annoncé la nouvelle à ACTUALITE.CD, précisant qu’il s’est éteint à 7 heures au Centre médical de Kinshasa. Il souffrait depuis plusieurs mois et avait été hospitalisé une première fois à l’hôpital HJ, avant de rechuter.
Un parcours de soins marqué par une rechute
Le décès de Pascal Poba est survenu après une période de fragilité médicale. D’abord pris en charge à l’hôpital HJ, il avait pu en sortir, mais son état s’est dégradé, nécessitant un transfert au Centre médical de Kinshasa. Ce type de trajectoire, avec une amélioration suivie d’une rechute, est fréquent dans les maladies chroniques et souligne l’importance d’un suivi médical régulier après une hospitalisation.
Un créateur essentiel de la rumba congolaise
Né le 19 janvier 1958 à Boma, Pascal Poba n’était pas une star, mais un « faiseur de stars ». Auteur et compositeur, il a écrit pour les plus grandes voix de la musique de Kinshasa sans jamais occuper le devant de la scène. Des titres comme Maman (Papa Wemba), Omba et Feu de l’amour (JB Mpiana), Tshatsho Mbala (Werrason) ou Voyage (Adolphe Dominguez) ont marqué la rumba congolaise. Il revendiquait aussi la paternité du Franc congolais, enregistré par Zola Tempo, et avait produit cinq albums personnels.
La précarité des créateurs dans l’industrie musicale
Ces dernières semaines, une vidéo de Pascal Poba alité et amaigri avait circulé sur les réseaux sociaux, suscitant une vague de soutiens. Début décembre 2025, la ministre de la Culture, Yolande Elebe Ma Ndembo, s’était rendue à son chevet. Dans cette vidéo, il avait déclaré : « La musique ne m’a rien donnée. J’ai donné des chansons aux gens. 5 000 USD ou 30 000 USD, rien. » Ces propos illustrent la situation de nombreux créateurs dans un écosystème où les droits d’auteur restent largement fictifs, les privant de revenus stables malgré le succès de leurs œuvres.
Un héritage musical durable
Pascal Poba laisse un répertoire que d’autres ont rendu célèbre, mais qui témoigne de son rôle central dans la rumba congolaise. Son décès rappelle la nécessité de mieux protéger les auteurs et compositeurs, dont le travail est souvent invisible pour le grand public. Pour les professionnels du secteur, cette disparition pourrait relancer le débat sur la mise en place de mécanismes concrets de rémunération des droits d’auteur, afin que les créateurs puissent vivre dignement de leur art.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
