Le deuxième et dernier jour de l’Examen national de fin d’études primaires (ENAFEP) s’est déroulé ce jour dans la province éducationnelle Sud-Kivu 2, couvrant les territoires de Fizi et d’Uvira. Selon les données officielles, 73 862 élèves finalistes ont pris part aux épreuves, dont 36 782 filles et 37 080 garçons. Ces chiffres concernent la zone sous contrôle gouvernemental, où la tenue de l’examen a été maintenue en dépit d’un contexte sécuritaire dégradé.
Un calendrier scolaire perturbé par des crises successives
L’année scolaire 2024-2025 a été marquée par deux interruptions majeures dans cette région. En septembre 2024, les activités scolaires ont été suspendues pendant près de deux semaines en raison de troubles liés à la contestation populaire contre la nomination du général Olivier Gasita à la tête des opérations militaires. Cette décision avait provoqué des manifestations qui ont paralysé les écoles, privant les élèves de cours durant une période critique du calendrier pédagogique. Plus tard, en décembre, la prise de la ville d’Uvira par la rébellion de l’AFC/M23 a de nouveau paralysé les écoles. Le retrait des rebelles, un mois plus tard, n’a pas immédiatement permis une reprise normale des cours, laissant les établissements dans une situation d’incertitude prolongée. Ces perturbations successives ont pesé sur la préparation des candidats, qui ont dû composer avec un environnement d’apprentissage fragmenté.
La résilience des élèves saluée par les autorités
Le vice-gouverneur du Sud-Kivu, Jean Jacques Elakano, a exprimé la solidarité du gouvernement envers les candidats. « Le gouvernement est solidaire avec eux et les encourage pour la résilience et la résistance », a-t-il déclaré. Cette déclaration souligne la volonté des autorités de maintenir le cap éducatif malgré les obstacles, sans toutefois détailler de mesures concrètes d’accompagnement. Elle intervient dans un contexte où la communauté éducative locale a dû faire preuve d’adaptation pour organiser les épreuves, alors que les infrastructures scolaires et les déplacements restent affectés par l’insécurité. La présence des candidats dans les centres d’examen témoigne d’une détermination collective à ne pas céder aux circonstances, même si les conditions de passation n’ont pas été précisées par les autorités.
Un examen sous tension dans une zone fragilisée
La tenue de l’ENAFEP dans les territoires de Fizi et d’Uvira illustre les défis persistants du système éducatif en zone de conflit. Aucun incident n’a été signalé durant les épreuves, mais la situation sécuritaire reste précaire. Les autorités éducatives n’ont pas communiqué sur d’éventuelles difficultés logistiques ou sur le taux de participation effectif par rapport aux inscriptions. L’organisation de cet examen national dans une région marquée par des déplacements de population et une présence armée intermittente constitue un test pour la résilience des services publics. La province éducationnelle Sud-Kivu 2, qui englobe ces deux territoires, doit désormais assurer la correction des copies et la publication des résultats dans un environnement encore instable. Les résultats de cet examen détermineront l’accès au cycle secondaire pour ces milliers d’élèves, dont la scolarité a été rythmée par les crises. La capacité des autorités à garantir la suite du processus, de la correction à la proclamation, sera scrutée comme un indicateur de la continuité de l’État dans les zones affectées par les troubles.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
