Le ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo, a formellement écarté tout lien entre le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2) et le processus électoral en République démocratique du Congo. Lors d’une conférence de presse conjointe avec le représentant résident de l’UNFPA, lundi 1er juin 2026 à Kinshasa, il a insisté sur la nature scientifique et développementale de l’opération, tout en précisant le calendrier prévu.
Un calendrier conçu pour éviter les amalgames politiques
Guylain Nyembo a détaillé la planification du recensement, dont l’achèvement est visé pour fin 2027. Cette échéance, antérieure aux élections de 2028, vise à prévenir toute confusion. « Dans notre calendrier, nous avons l’ambition de boucler le recensement avant les élections. L’échéance prévue est fixée à fin 2027, après les différentes analyses et traitements nécessaires donc pour laisser la période prévue pour les élections voilà pourquoi nous accélérons également notre calendrier pour protéger ça des embrouilles politiques », a-t-il déclaré. Le ministre a rappelé que plusieurs scrutins ont été organisés depuis 1984 sans recensement préalable, soulignant que l’opération ne conditionne pas la tenue d’élections.
Une opération strictement scientifique et développementale
Le ministre d’État a martelé la finalité non politique du RGPH2. « Le recensement est une opération purement scientifique pour servir le développement. Il ne sera pas délivré de cartes d’identité ni de cartes d’enrôlement. Il s’agit simplement de recueillir les informations de toute la population afin d’assurer une meilleure gouvernance de notre pays », a-t-il précisé. Selon lui, la fiabilité des données collectées améliorera directement la gouvernance publique, toute personne appelée à gérer le pays ayant besoin de statistiques solides. Le gouvernement entend ainsi répondre à des engagements internationaux, notamment l’Agenda 2030 des Nations unies et l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Défis sécuritaires et solutions techniques envisagées
Interrogé sur les zones en proie à l’insécurité, particulièrement dans l’Est du pays, Guylain Nyembo a assuré que des solutions techniques et logistiques seront mobilisées. « S’agissant des zones confrontées à des difficultés sécuritaires, il n’y a pas uniquement l’Est du pays. Il existe également d’autres poches d’insécurité. Nous utiliserons tous les moyens disponibles, notamment les technologies satellitaires ainsi que l’appui de nos partenaires », a-t-il indiqué. Il a cité l’exemple des examens d’État organisés sur l’ensemble du territoire malgré des contextes difficiles pour illustrer la faisabilité de l’opération.
Un financement de 192 millions de dollars à mobiliser
Le coût global du RGPH2 est estimé à 192 millions de dollars américains. Le gouvernement, confronté à un déficit de financement, mise sur la mobilisation de ressources additionnelles auprès des partenaires techniques et financiers. La mise en place d’un « Basket Fund » est envisagée pour canaliser les contributions dans un fonds unique dédié. Cette étape fait suite à une table ronde des partenaires visant à obtenir des engagements fermes pour un financement adéquat et durable. La RDC n’a plus réalisé de recensement général depuis 1984, et cette opération figurait parmi les promesses du président Félix Tshisekedi avant son accession à la magistrature suprême.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
