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Droits de l’homme : Jean-Claude Katende dresse un bilan sévère du mandat de Félix Tshisekedi

Le bilan des droits de l’homme sous la présidence de Félix Tshisekedi a été sévèrement critiqué par Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO). Lors d’un échange en ligne avec le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le défenseur a estimé que la situation actuelle est comparable à celle de l’ère Kabila, malgré des signaux positifs initiaux en 2019.

Des espoirs initiaux rapidement déçus

Jean-Claude Katende a rappelé les mesures prises au début du mandat de Félix Tshisekedi, qui avaient suscité l’espoir. « Le président Tshisekedi avait permis à ce que l’accès aux médias publics soit possible pour les partis de l’opposition. Il avait pris quelques mesures pour humaniser les services de sécurité et fermer les cachots clandestins », a-t-il déclaré. Ces décisions, intervenues après des années de restrictions sous le régime précédent, avaient été perçues comme une rupture. L’ouverture des médias publics à l’opposition, en particulier, marquait un changement symbolique fort. De même, la fermeture des cachots clandestins et les efforts pour humaniser les services de sécurité répondaient à des revendications anciennes des organisations de défense des droits humains. Toutefois, selon Jean-Claude Katende, ces avancées n’ont pas été maintenues dans la durée. Le président de l’ASADHO n’a pas détaillé les raisons de ce recul, mais son constat suggère une érosion progressive des garanties initiales.

Un retour à des pratiques dénoncées sous Kabila

Le président de l’ASADHO a dressé un parallèle entre les méthodes actuelles et celles de l’Agence nationale de renseignements (ANR) sous Joseph Kabila. Il a notamment pointé les arrestations arbitraires menées par le Conseil national de cybersécurité. « On n’est pas différent de ce que l’ANR faisait à l’époque », a-t-il affirmé. Cette comparaison est lourde de sens : sous la présidence de Joseph Kabila, l’ANR était régulièrement accusée par les défenseurs des droits de l’homme de procéder à des détentions illégales et à des actes de torture. En évoquant le Conseil national de cybersécurité, Jean-Claude Katende met en lumière une structure créée sous Félix Tshisekedi, dont les agissements rappellent, selon lui, les pratiques d’un passé que beaucoup espéraient révolu. Pour le défenseur, ces arrestations arbitraires illustrent une continuité préoccupante en matière de respect des libertés individuelles, et ce malgré le changement de régime.

L’étonnement face aux déclarations présidentielles

Jean-Claude Katende s’est dit surpris par les propos tenus par le chef de l’État lors d’une récente conférence de presse. « Le président avait dit qu’il n’était pas au courant des gens qui étaient arrêtés ça et là. Ce qui est étonnant », a-t-il souligné. Cette déclaration, selon le défenseur, contraste avec les responsabilités attachées à la fonction présidentielle en matière de suivi des questions sécuritaires et des droits humains. En tant que garant du bon fonctionnement des institutions, le président de la République est en effet censé être informé des actions menées par les services placés sous son autorité. L’étonnement de Jean-Claude Katende porte donc sur ce qu’il perçoit comme une déconnexion entre le discours présidentiel et la réalité des pratiques sur le terrain. Cette réaction met en exergue une attente de redevabilité de la part de la société civile, qui espérait une plus grande transparence de la part de l’exécutif.

Un constat d’échec sur les engagements

Le bilan dressé par Jean-Claude Katende est sans appel. « Ce que nous attendions du président de la République par rapport à ses engagements en matière de droits de l’homme, nous sommes loin des promesses faites par le chef de l’État. La situation des droits de l’homme ne s’est pas du tout améliorée », a-t-il conclu. Ce constat intervient alors que le pays reste confronté à des défis persistants en matière de libertés publiques et de sécurité juridique. Les propos du président de l’ASADHO résonnent comme un rappel des espoirs placés en 2019 dans l’alternance politique. L’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, issu de l’opposition, avait en effet été perçue comme une opportunité de rompre avec les pratiques autoritaires du passé. Six ans plus tard, le jugement de Jean-Claude Katende indique que cette rupture n’a pas eu lieu, du moins dans le domaine des droits humains. Ce bilan sévère, émis par une organisation de défense des droits de l’homme reconnue, pourrait alimenter le débat public à l’approche des prochaines échéances électorales.

Article Ecrit par Cédric Botela

Source: Actualite.cd

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