Le bilan de l’attaque attribuée aux combattants ADF contre la localité de Mbau, dans le territoire de Beni au Nord-Kivu, s’est alourdi à 21 morts, selon un nouveau décompte communiqué ce jeudi 4 juin par la société civile locale. Les recherches ont permis de retrouver plusieurs dépouilles dans les périphéries, portant le nombre de victimes de 16 à 21, tandis que des civils restent portés disparus.
Découverte de corps dans les zones de Kingeste et Ngite
Quatre corps ont été localisés vers Kingeste et un cinquième près de Ngite, a précisé Louis Kisaki, président de la société civile de Batangi-Mbau. « Pour l’instant, ça fait 21 morts. Quatre corps ont été retrouvés vers Kingeste et un vers Ngite », a-t-il déclaré, relayant l’inquiétude des habitants face à la menace persistante. Il a appelé l’armée à poursuivre les assaillants jusqu’à leur dernier retranchement, estimant que la population risque l’extermination si aucune action n’est menée. Ces découvertes successives ont accentué le choc au sein de la communauté, déjà durement éprouvée par des violences récurrentes.
Psychose et déplacements de population
Un vent de panique sans précédent souffle sur Mbau et ses environs, selon le même responsable. La psychose s’est installée, brisant le sentiment de sécurité. La peur d’un retour imminent des assaillants a poussé de nombreux civils à ne pas passer la nuit dans leurs foyers. Plusieurs se sont dirigés vers des entités jugées plus sûres, notamment Oïcha, chef-lieu du territoire de Beni. Ce mouvement de déplacement, bien que non quantifié précisément, reflète l’angoisse profonde qui s’est emparée des ménages, contraints de chercher refuge dans l’incertitude.
Paralysie des activités socio-économiques
Au lendemain de l’attaque, les activités socio-économiques restent paralysées dans l’ensemble de la localité de Mbau et ses environs, jusqu’au matin de ce jeudi. Cette situation aggrave les difficultés quotidiennes des habitants, déjà éprouvés par l’insécurité récurrente dans la région. L’arrêt des échanges commerciaux et des travaux agricoles, bien que non détaillé par les sources, illustre l’impact immédiat de la violence sur le tissu économique local, laissant présager des conséquences prolongées si la sécurité n’est pas rétablie.
Un bilan régional lourd en trois jours
En trois jours, les ADF ont tué plus de 40 personnes dans des attaques visant la ville et le territoire de Beni. Des civils ont également été pris en otage et demeurent en captivité, alors que l’espoir de les revoir s’amenuise. Les autorités n’ont pas communiqué de bilan officiel ni annoncé de nouvelles mesures sécuritaires à ce stade. Cette absence de réaction institutionnelle immédiate, dans un contexte de multiplication des exactions, soulève des interrogations sur la capacité des forces de l’ordre à contenir la menace et à protéger les populations civiles.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
