À la veille de la journée « ville morte » appelée par une frange de l’opposition pour ce mercredi 3 juin, plusieurs autorités provinciales et urbaines ont, dans des communiqués séparés, exhorté la population à poursuivre normalement ses activités quotidiennes. Du Kongo-Central à l’Équateur, en passant par le Kasaï-Central, la Mongala et le Maniema, les appels au calme et à la stabilité se sont multipliés.
Des communiqués pour rassurer et démentir
À Matadi, le maire a tenu à dissiper les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux. Dans un communiqué publié le 2 juin, l’autorité urbaine a assuré que toutes les activités administratives, économiques et scolaires se dérouleraient sans entrave. Elle a invité les habitants à ne pas céder à la désinformation et a confirmé que des dispositions sécuritaires ont été prises pour garantir la quiétude de la ville.
Au Kasaï-Central, le gouverneur Moïse Kambulu Nkonko a, lui aussi, rendu public un communiqué appelant la population à vaquer librement à ses occupations. Même tonalité dans la province de la Mongala, où le gouverneur Jean Collins Makaka Papekaka, par la voix de son directeur de cabinet adjoint Blaise Mangoba, a déclaré que la journée « ville morte » ne serait pas observée. Les opérateurs économiques, les fonctionnaires et l’ensemble des citoyens ont été invités à maintenir leurs activités, tandis que les services de sécurité ont reçu instruction de veiller à l’ordre public.
L’impact économique sur les ménages modestes
À Kindu, dans le Maniema, le maire Augustin Mulamba a, lors d’un échange avec la presse le 2 juin, demandé aux commerçants, enseignants, motards et fonctionnaires de poursuivre leurs activités habituelles. Il a justifié cette position en soulignant qu’une paralysie de la ville pénaliserait avant tout les ménages vivant de revenus quotidiens. Dans l’Équateur, le gouverneur Bobo Boloko a rappelé que la date du 3 juin constitue une journée ouvrable ordinaire. Son communiqué invite les habitants à vaquer librement à leurs occupations et à dénoncer toute tentative de manipulation susceptible de nuire à la stabilité institutionnelle, à la paix et à la cohésion sociale.
La révision constitutionnelle écartée de la rue
Le maire de Kindu a également abordé la question de la révision constitutionnelle, un sujet souvent associé aux appels à manifester. Pour l’autorité urbaine, ce débat relève d’un processus démocratique et légal. Il a affirmé que toute modification de la loi fondamentale doit résulter de la volonté souveraine du peuple congolais et non d’un mouvement de rue. Cette position, sans être reprise textuellement par les autres gouverneurs, s’inscrit dans le rejet global de la journée de protestation.
Alors que les appels à la « ville morte » visent à paralyser le pays, les autorités provinciales semblent décidées à maintenir le cap. Les communiqués du 2 juin traduisent une volonté affichée de préserver la stabilité et de protéger les populations les plus vulnérables face aux conséquences économiques d’une journée sans activité.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
