L’air de Kintambo s’épice d’une impatience palpable. À la tombée du jour, la façade discrète du Tarmac des auteurs vibre déjà des derniers préparatifs. En ce mercredi 3 juin, la XIIe édition du Festival international de théâtre « Ça se passe à Kin » s’ouvre, promettant une semaine de création scénique intense jusqu’au 9 juin.
Pour cette nouvelle édition, le cap est mis sur une génération en pleine éclosion. Le programme « Émergence théâtrale », cheville ouvrière de l’événement, porte les espoirs de jeunes metteurs en scène et comédiens congolais, invités à y vivre leur première expérience professionnelle.
L’éclosion d’une génération sur les planches
Le projet est porté avec conviction par Israël Tshipamba, initiateur et directeur artistique du festival. Il en détaille le ressort : « Nous avons un programme qui donne sens à notre projet. Il s’appelle “Émergence”. Chaque année, nous accompagnons trois, quatre voire cinq spectacles portés par des jeunes, qui les réalisent pour la première fois dans un cadre professionnel et professionnalisant ». Une philosophie qui transforme le Tarmac en pépinière, où l’audace et l’accompagnement se conjuguent pour faire éclore de nouvelles écritures scéniques.
Un festival à la croisée des continents
Cette dimension formatrice dialogue avec une programmation résolument internationale. Des artistes venus du Burundi, du Congo-Brazzaville, de la Guyane française et de France partageront les planches avec leurs homologues locaux. Une circulation des esthétiques qui enrichit le geste théâtral et tisse des liens inédits entre les publics. Le Tarmac des auteurs, centre culturel privé ancré dans le paysage de Kinshasa, devient ainsi l’épicentre d’une rencontre artistique où les frontières s’effacent.
Quand le théâtre rencontre la musique
La fête ne connaît pas de répit une fois la nuit tombée. Les spectacles sont programmés à partir de 20h30, déployant leur magie sur les scènes du festival – qui se déroule simultanément sur trois sites, dont le Tarmac. Puis, dès 22 heures, les concerts prennent le relais, prolongeant la vibration des corps et des voix dans une atmosphère électrique où le théâtre ouvre la voie à la musique. Cet enchaînement confère à l’événement un souffle unique, celui d’une œuvre d’art totale qui embrasse la nuit kinoise.
Au cœur de Kintambo, « Ça se passe à Kin » affirme ainsi sa singularité : un laboratoire d’émergence, un carrefour cosmopolite et une célébration vivante du spectacle. La relève congolaise y trouve une caisse de résonance, portée par la conviction que le théâtre est une promesse d’avenir.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: radiookapi.net
