AccueilActualitéSantéCimetière saturé à Kananga : l’érosion aggrave les risques sanitaires

Cimetière saturé à Kananga : l’érosion aggrave les risques sanitaires

Le cimetière du quartier Hôpital, à Kananga, dans la province du Kasaï-Central, donne aujourd’hui l’image d’un espace délaissé. La végétation a envahi les tombes, mais ce désordre apparent cache une situation bien plus préoccupante : un site saturé où les inhumations se superposent, et une tête d’érosion qui menace de mettre à nu les vestiges funéraires. Au-delà de l’atteinte à la dignité des défunts, ce sont des risques sanitaires concrets qui inquiètent les riverains et les spécialistes.

Un site saturé aux pratiques funéraires risquées

Le cimetière de l’Hôpital est le plus grand de la province, mais il a atteint ses limites. Selon des habitants rencontrés sur place, il devient presque impossible de trouver un emplacement libre pour une nouvelle tombe. Dominique Kawelo, un riverain, décrit une situation courante : « Parfois, on fait sortir les restes d’un corps pour les mettre de côté avant d’enterrer une nouvelle personne. » Ces pratiques de réutilisation d’emplacements funéraires ne sont pas sans danger. En creusant à proximité immédiate d’anciennes sépultures, on peut perturber des corps en décomposition et libérer dans le sol des agents pathogènes. Même si un cercueil ralentit le processus, la décomposition naturelle produit des bactéries qui, en remontant à la surface, peuvent contaminer la terre et l’air ambiant. Pour l’entourage, le risque est surtout indirect, mais il grandit avec la promiscuité des tombes.

L’érosion : une menace sanitaire et environnementale

Au sud du cimetière, une tête d’érosion progresse à chaque pluie. Des portions entières de terrain s’effondrent, exposant des restes humains : ossements, fragments de cercueils, tissus. Cette situation n’est pas seulement un choc visuel pour les familles en deuil. D’un point de vue sanitaire, l’érosion peut entraîner les matières organiques vers les eaux de surface ou les nappes phréatiques, avec un risque de pollution microbiologique. Les sols fragilisés deviennent aussi instables, augmentant les risques d’accidents pour les visiteurs et les personnes chargées d’entretenir les tombes. Les riverains du quartier Hôpital, déjà confrontés à un environnement insalubre, redoutent une aggravation de leur cadre de vie.

Quelles solutions pour protéger les vivants et honorer les morts ?

Face à cette accumulation de problèmes, les habitants de Kananga appellent les autorités provinciales à agir. Ils réclament l’ouverture d’un nouveau site d’inhumation pour désengorger le cimetière actuel et préserver la dignité des défunts. Le chef de la division provinciale de l’Intérieur, Pascal Dibondo, reconnaît la saturation du site et annonce que le gouvernement provincial travaille à identifier un nouvel espace. En attendant, l’entretien repose essentiellement sur les familles et quelques groupes religieux, qui désherbent ponctuellement les allées. Vicky Mbombo, venu se recueillir sur la tombe de son père, témoigne : « Nous sommes obligés de venir enlever les herbes chaque mois. » Un effort louable, mais insuffisant pour freiner les risques liés à l’érosion.

Il est donc urgent d’envisager une approche plus large, qui combine la création d’un nouveau cimetière répondant aux normes et un plan de stabilisation des sols du site actuel. L’objectif n’est pas seulement de rendre leur dignité aux morts, mais aussi de garantir un environnement sain pour les vivants. En matière de gestion des cimetières, les règles d’hygiène publique sont claires : un espace saturé devient un foyer potentiel de nuisances. À Kananga, l’heure est à la décision, avant que la prochaine saison des pluies n’aggrave encore une situation déjà critique.

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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