Dans un contexte où la République démocratique du Congo continue de faire face à des conflits récurrents, notamment dans l’Est, le président du Conseil économique et social (CES), Jean-Pierre Kiwakana, a livré un message fort à l’occasion de la clôture de la session ordinaire d’avril, ce lundi 1er juin 2026 à Kinshasa. Devant les membres de cette institution, il a plaidé pour une restauration urgente de la paix sociale, qu’il a décrite comme étant tributaire d’une approche globale, seule capable de soigner les fractures profondes du pays.
« Le retour et la pérennisation de la paix en République démocratique du Congo nécessitent des solutions fondées sur l’inclusivité politique, sociale et économique », a-t-il martelé. Pour Jean-Pierre Kiwakana, les racines des conflits ne sont pas uniquement militaires : elles plongent dans une mauvaise gouvernance chronique, une pauvreté écrasante et l’exploitation illégale des ressources naturelles. Ces maux, dit-il, sont exploités par des forces hostiles pour manipuler les frustrations populaires et acheter les consciences. Une analyse lucide qui met en lumière les responsabilités internes souvent éludées dans le discours officiel.
Le président du CES n’a pas mâché ses mots sur les remèdes à apporter. Il a insisté sur la nécessité de garantir à chaque citoyen le droit d’exprimer ses préoccupations dans un cadre républicain. Une façon de rappeler que la paix ne se décrète pas dans les palais, mais se construit dans le dialogue et la confiance entre gouvernés et institutions. Sans cette confiance, a-t-il prévenu, la cohésion nationale restera un vœu pieux. C’est là un constat que beaucoup de Congolais, exaspérés par les promesses non tenues, partagent dans leur quotidien.
Jean-Pierre Kiwakana a également mis le doigt sur un autre fléau qui gangrène le pays : la corruption et l’impunité. Pour lui, la lutte contre ces pratiques est un levier indispensable pour restaurer la crédibilité des institutions publiques. « Seul un développement économique équitable, fondé sur une juste répartition des richesses, des politiques transparentes et la création d’emplois, pourra garantir une paix sociale durable », a-t-il ajouté. Des mots qui résonnent comme une critique implicite de la gestion opaque des ressources et du manque de retombées concrètes pour la population, alors que le Congo regorge de minerais stratégiques.
Mais c’est sur un autre terrain glissant que le président du CES s’est aventuré : celui du débat constitutionnel. Alors que les discussions autour d’une éventuelle révision ou d’un changement de la Constitution enfièvrent la classe politique, Jean-Pierre Kiwakana a appelé à la sérénité, à l’inclusivité et au sens des responsabilités. « La question constitutionnelle ne peut être réduite à des considérations partisanes ou conjoncturelles. Elle engage l’avenir de l’État, la stabilité des institutions et la cohésion nationale », a-t-il déclaré avec gravité. Un plaidoyer pour un dialogue apaisé, loin des calculs égoïstes qui pourraient plonger le pays dans de nouvelles tensions.
Le message du Conseil économique et social, par la voix de son président, se veut une boussole en ces temps incertains. Pourtant, les paroles, aussi sages soient-elles, risquent de rester lettre morte si elles ne sont pas suivies d’actes. La population congolaise, épuisée par des décennies de violences et de misère, a besoin de preuves tangibles : des routes qui désenclavent, des écoles qui fonctionnent, des emplois décents, une justice qui ne soit pas à deux vitesses. L’appel de Kiwakana est louable, mais il rappelle surtout l’urgence de passer des discours à la réalité. Car la paix sociale ne dépend pas seulement des sommets institutionnels, mais de la vie quotidienne dans les quartiers de Kinshasa comme dans les villages du Kivu.
En ces heures sombres où l’unité nationale est mise à l’épreuve par les conflits armés et les divisions politiques, l’intervention de Jean-Pierre Kiwakana a le mérite de recentrer le débat sur l’essentiel : la quête d’une paix inclusive et durable. Reste à voir si le pouvoir et l’ensemble des acteurs saisiront cette perche pour éviter au Congo de sombrer davantage dans le chaos.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
