Dans un pays meurtri par des décennies de conflits, l’appel à la paix lancé ce lundi 1er juin 2026 à Kinshasa par Jean-Pierre Kiwakana, président du Conseil économique et social (CES), a résonné comme un cri du cœur. Devant une assemblée où se côtoyaient acteurs politiques et membres de la société civile, M. Kiwakana a dressé un diagnostic sans concession des maux qui rongent la République démocratique du Congo.
« Depuis plusieurs décennies, les causes majeures des conflits sont la mauvaise gouvernance, la pauvreté et l’exploitation illégale des ressources naturelles », a-t-il martelé. Ces paroles ne sont pas une simple analyse : elles désignent les fractures qui, au quotidien, poussent des communautés entières dans le désespoir. Dans l’est du pays, ces faiblesses internes sont exploitées par des ennemis qui instrumentalisent les frustrations et achètent les consciences. Le résultat est une instabilité chronique qui empêche tout développement.
Pour M. Kiwakana, la paix ne se décrète pas ; elle se construit sur un socle d’inclusivité politique, sociale et économique. « Le retour et la pérennisation de la paix nécessitent des solutions fondées sur l’inclusivité », a-t-il insisté. Cet impératif est vital : trop souvent, les Congolais se sentent exclus des décisions qui façonnent leur avenir. Offrir à chaque citoyen le droit d’exprimer ses préoccupations dans un cadre républicain est plus qu’une formalité démocratique : c’est un remède à la défiance qui gangrène la relation entre les institutions et les gouvernés. Sans cette confiance, aucune cohésion nationale n’est possible.
Le président du CES n’a pas éludé les plaies béantes de la corruption et de l’impunité. « La lutte contre ces fléaux est un levier essentiel pour restaurer la crédibilité des institutions publiques », a-t-il souligné. Ce combat n’est pas technique ; il renvoie à l’image que l’État donne de lui-même. Quand le citoyen voit les ressources dilapidées sans conséquence, il perd espoir. M. Kiwakana plaide pour un développement économique équitable, avec une juste répartition des richesses, des politiques transparentes et la création d’emplois – seul rempart, selon lui, pour une paix sociale durable.
Mais son discours a aussi abordé la sensible question constitutionnelle, qui enflamme régulièrement le débat public. Face aux discussions sur une éventuelle révision ou un changement de Constitution, le président du CES a appelé à la sérénité et à la responsabilité. « La question constitutionnelle ne peut être réduite à des considérations partisanes ou conjoncturelles. Elle engage l’avenir de l’État, la stabilité des institutions et la cohésion nationale », a-t-il averti. Dans ce contexte tendu, le CES se positionne en médiateur, plaidant pour un dialogue inclusif plutôt que pour des affrontements stériles.
En toile de fond, cette clôture de la session ordinaire d’avril a rappelé le rôle crucial de cette institution dans la réflexion sur les grands enjeux nationaux. Alors que Kinshasa bruisse des rumeurs politiques, ces mots ont le mérite de recentrer les priorités sur le vécu des Congolais. La paix n’est pas un concept abstrait : c’est la possibilité pour une mère de cultiver son champ sans peur, pour un jeune d’espérer un emploi, pour une famille de vivre sans voir ses droits bafoués. L’appel de Jean-Pierre Kiwakana ne devrait pas rester lettre morte, car il touche au cœur de la survie de la nation.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
