La Police de circulation routière (PCR) a relancé, lundi 21 juillet, les contrôles de permis de conduire des motocyclistes à Matadi, dans la province du Kongo-Central. Une opération qui met en lumière les tensions persistantes entre forces de l’ordre et usagers, alors que de nombreux conducteurs circulent encore sans le précieux sésame.
Des contrôles qui divisent motards et policiers
Dès les premières heures de la matinée, aux principaux carrefours et sur les artères de la ville, les agents de la PCR ont procédé à la vérification systématique des documents. Si certains motocyclistes présentent leur permis sans difficulté, d’autres, en infraction, tentent d’échapper aux contrôles ou négocient avec les agents. Giresse Ndombe, conducteur non encore en règle, reconnaît la légitimité de ces opérations, mais insiste sur les conditions de leur mise en œuvre. Il estime que les contrôles doivent se dérouler dans le respect mutuel, sans brutalité, et que c’est souvent sur ce point que surviennent les tensions entre les PCR et les motards.
Un avis que ne partage pas Glody Mukeba, autre usager de la route. Pour lui, les frictions sont souvent provoquées par l’attitude de certains conducteurs. Il affirme que si un motard présente directement son permis lorsqu’un agent le lui demande, il est laissé libre de repartir sans encombre.
Le permis, un outil de sécurité routière encore négligé
Face aux réactions suscitées par ces contrôles, la PCR rappelle que l’objectif premier est de renforcer la sécurité sur les routes. Le sous-commissaire Mbuyi Kabongo déplore que de nombreux motocyclistes ne mesurent pas l’importance de détenir un permis de conduire. Il précise que la loi relative au Code de la route autorise les agents à conduire les contrevenants au bureau compétent, où ils devront s’acquitter d’une amende conformément aux dispositions légales.
L’institution insiste sur le fait que le permis constitue une garantie de compétence et de responsabilité. Conduire sans ce document expose le conducteur lui-même, mais aussi les autres usagers, à des risques importants. La PCR entend ainsi poursuivre ces opérations pour inciter les motocyclistes à se mettre en conformité.
Un équilibre à trouver entre répression et prévention
La reprise de ces contrôles à Matadi illustre la difficulté à concilier application stricte de la loi et acceptation sociale. Si la nécessité de réguler la circulation des motos est reconnue, les méthodes employées restent un point de crispation. Les autorités policières sont appelées à veiller à ce que ces opérations ne dégénèrent pas en affrontements, tout en maintenant la pression pour que les conducteurs se dotent du permis obligatoire.
À ce stade, aucun bilan chiffré des contrôles n’a été communiqué. La PCR n’a pas non plus précisé la durée de cette campagne de vérification. Les prochains jours devraient permettre d’évaluer l’impact de ces mesures sur le comportement des motocyclistes et sur la sécurité routière dans la ville de Matadi.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
