La province du Sud-Kivu a officiellement enregistré son premier cas de maladie à virus Ebola ce mercredi 20 mai 2026, déclenchant une alerte sanitaire maximale. Ce n’est pas le premier cas d’Ebola en RDC, mais il est le tout premier identifié dans cette province montagneuse de l’Est, dans le foyer de Lwiro.
Le patient, un homme de 28 ans originaire de Kisangani dans la Tshopo, a succombé aux symptômes avant même la confirmation du laboratoire. L’échantillon prélevé dans la zone de santé de Miti-Murhesa, en territoire de Kabare, a livré un verdict sans appel. Selon le communiqué de l’AFC/M23, l’individu était en provenance de la lointaine Tshopo, une province déjà confrontée à des foyers actifs. Ce décès avant diagnostic illustre la sournoiserie du virus : la période d’incubation silencieuse a permis au malade de parcourir plus de mille kilomètres sans alerter.
Le cas d’Ebola à Lwiro concentre désormais toutes les inquiétudes. La zone de Miti-Murhesa est un nœud stratégique : elle borde l’aéroport de Kavumu, principale porte d’entrée aérienne du Sud-Kivu, longe l’axe routier Bukavu-Goma et empiète sur le parc national de Kahuzi-Biega. Plus sensible encore, elle abrite le Centre de Recherche en Sciences Naturelles de Lwiro (CRSN), où sont étudiés de près les primates, potentiels amplificateurs de la maladie à virus Ebola. Une propagation ici pourrait transformer un cas isolé en une chaîne de contamination incontrôlée.
Mais comment ce premier cas Ebola RDC-t-il pu surgir si loin de la Tshopo ? La réponse tient à la mobilité humaine. Le virus Ebola se transmet par contact direct avec les liquides corporels d’une personne infectée — sang, vomissures, selles — ou avec des surfaces souillées. Après une incubation de 2 à 21 jours, la maladie explose en fièvre brutale, douleurs musculaires, vomissements, diarrhées sanglantes et, dans près de la moitié des cas, hémorragies multiples. Sans prise en charge rapide, le taux de mortalité dépasse les 50 %.
Fort heureusement, les autorités sanitaires n’ont pas attendu. Les deux contacts symptomatiques sont déjà isolés et le traçage s’intensifie. L’épidémie d’Ebola de 2026 a montré que la réponse rapide et la vaccination en anneau peuvent étouffer un début de flambée si la population coopère. Les chercheurs du CRSN-Lwiro, experts des zoonoses, apportent leur appui logistique et scientifique. La désinfection des foyers et la sensibilisation des communautés ont débuté.
Alors, que faire si vous habitez le Sud-Kivu ? Pas de panique, mais une discipline de fer. Lavez-vous les mains régulièrement, évitez tout contact avec des personnes présentant des symptômes suspects et ne touchez jamais un animal sauvage trouvé mort. En cas de fièvre inexpliquée après un voyage, rendez-vous sans délai au centre de santé le plus proche en signalant votre exposition.
Ce premier foyer d’Ebola au Sud-Kivu rappelle que le virus n’a pas de frontières. Aussi longtemps que des mouvements non contrôlés persisteront, chaque province reste menacée. La collaboration entre les autorités, les scientifiques et la population demeure l’unique arme pour éviter que cette étincelle ne ravage la région. Le Kivu saura-t-il se mobiliser à temps ? L’histoire des épidémies passées nous enseigne qu’une réaction précoce sauve des milliers de vies.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
