AccueilActualitéSantéPénurie d'eau à Beni : Le choléra menace déjà Mambango

Pénurie d’eau à Beni : Le choléra menace déjà Mambango

Boire de l’eau insalubre, c’est comme ingurgiter un poison lent qui peut anéantir une communauté en quelques jours. Dans le quartier Mambango, à Beni, cette menace silencieuse plane depuis plus de deux ans sur des milliers de vies. La pénurie d’eau potable y est devenue un cauchemar quotidien, obligeant les ménages à puiser une eau de surface, exposée à toutes les contaminations. Une situation qui rappelle que l’accès à l’eau potable n’est pas un luxe, mais une barrière essentielle contre les maladies hydriques.

Le quartier Mambango, et plus particulièrement la cellule Sibatu, illustre ce drame sanitaire. Les résidents y dépendent d’une source à ciel ouvert, une simple émergence naturelle sous une palmeraie. L’eau y sourd de terre, mais elle y reçoit aussi la poussière, les déjections animales et parfois les jeux d’enfants insouciants. « Après chaque pluie, c’est un calvaire », témoigne une habitante, décrivant une eau boueuse qu’il faut attendre des heures avant de pouvoir recueillir avec des casseroles. Ce calvaire n’est pas qu’une contrainte ; c’est une invitation ouverte aux pathogènes qui guettent la moindre faille dans l’organisme.

Pourquoi un tel laisser-aller dans un quartier nouvellement construit ? Aucun réseau de la REGIDESO n’y a été déployé, et aucun projet d’aménagement d’une source d’eau digne de ce nom n’est à l’horizon. Les autorités de Beni, alertées à maintes reprises, restent sourdes à ces appels. Le chef de cellule attend une réponse de sa hiérarchie, pendant que la population boit une eau qui pourrait, à tout instant, déclencher une épidémie de choléra ou de fièvre typhoïde. Imaginez un quartier où chaque gorgée d’eau est un pari sur la santé. Ce pari, les habitants de Mambango le perdent un peu plus chaque jour.

Les maladies hydriques ne sont pas des fatalités abstraites. Le choléra, par exemple, est une infection intestinale aiguë causée par la bactérie Vibrio cholerae, qui prolifère dans l’eau souillée par des matières fécales. Ses symptômes – diarrhée aqueuse profuse, vomissements, crampes musculaires – peuvent terrasser un adulte en quelques heures si la réhydratation n’est pas immédiate. Sans traitement, la déshydratation sévère mène au collapsus et à la mort. Comme l’explique l’OMS, une épidémie peut exploser en 48 heures dans une zone où l’accès à l’eau potable est rompu. La fièvre typhoïde, elle, joue une carte plus insidieuse : elle s’installe progressivement, avec des maux de tête, une fièvre persistante, des douleurs abdominales et parfois des complications comme des perforations intestinales. Deux maladies évitables, pourvu que l’eau soit protégée.

Alors, que faire en attendant une hypothétique intervention des autorités ? Chaque famille peut adopter des gestes barrières simples mais salvateurs : faire bouillir l’eau pendant au moins une minute, la filtrer à travers un tissu propre plié plusieurs fois, ou utiliser des comprimés de chlore si disponibles. Ces méthodes ne remplacent pas une source d’eau aménagée, mais elles constituent un rempart temporaire. La désinfection solaire – exposer l’eau dans des bouteilles en plastique transparent au soleil pendant six heures – est une autre piste low-cost, scientifiquement validée. Toutefois, ces solutions artisanales ne font que gagner du temps face à un risque qui, à Beni, pourrait basculer en crise sanitaire majeure.

L’aménagement d’une source d’eau protégée, avec un captage sécurisé et un écoulement canalisé, coûte quelques milliers de dollars – une paille au regard du coût humain et financier d’une épidémie de choléra. La pénurie d’eau potable à Beni, dans le quartier Mambango, n’est pas une fatalité géologique mais un échec collectif. Les autorités ont le devoir de garantir ce droit fondamental. Pendant combien de temps encore faudra-t-il que des mères voient leurs enfants boire une eau trouble pour que l’alerte soit entendue ? La réponse doit être immédiate, car chaque journée perdue rapproche la région d’une catastrophe que l’on connaît trop bien en RDC.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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