La cité de Katoy, chef-lieu du secteur du même nom, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu, a été reprise ce lundi 18 mai 2026 par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Appuyées par les combattants wazalendo, les troupes gouvernementales ont mené une offensive éclair contre les positions de la coalition AFC/M23. Après plusieurs mois d’occupation rebelle, Katoy est finalement passée sous contrôle loyaliste.
Les combats ont éclaté la veille, dimanche, dans cette entité stratégique. Selon des sources sécuritaires, les FARDC et les wazalendo ont attaqué simultanément plusieurs points tenus par le M23 et ses alliés de l’AFC. Les affrontements, d’une violence inouïe, se sont prolongés jusque tard dans la nuit. Au petit matin, les rebelles avaient cédé du terrain. Lundi, la cité était entièrement reconquise.
Cette reconquête représente un revers cinglant pour le M23, dont la présence dans le secteur de Katoy semblait pourtant solidement ancrée. La cité, véritable carrefour commercial pour les trafics de minerais, constituait un verrou économique pour le groupe armé. Sa perte fragilise sa logistique et son emprise territoriale au Nord-Kivu. Mais une question demeure : cette avancée militaire sera-t-elle durable ?
Dès mardi matin, l’agglomération voisine de Mitimingi est également tombée sous le contrôle total des forces loyalistes. Aucun combat significatif n’y a été signalé, signe que l’offensive conjointe FARDC-wazalendo a pris de court la rébellion. La rapidité de cette progression interroge autant qu’elle inquiète : assiste-t-on à un effritement du M23 dans la région ou à un simple repli tactique ?
Sur le terrain humanitaire, la situation est alarmante. Les violents combats ont jeté des milliers de civils sur les routes de l’exode. Selon plusieurs témoins, les populations fuient en masse vers la brousse et les localités environnantes, souvent dépourvues de toute protection. « Les gens ont tout quitté, ils ont peur des représailles », confie un habitant joint au téléphone. Aucun bilan humain n’a été officiellement communiqué, mais le déplacement massif laisse craindre de lourdes pertes civiles.
Dans le Nord-Kivu, l’histoire récente montre que les victoires militaires sont souvent éphémères. Les rebelles du M23 ont démontré par le passé leur capacité à se réorganiser rapidement. Les wazalendo, alliés circonstanciels des FARDC, pourraient-ils tenir les positions conquises ? L’incertitude est totale.
Pour l’heure, la tension reste extrêmement vive à Katoy et dans tout le secteur. Les autorités promettent un rétablissement de l’ordre, mais la défiance des civils est profonde. La reconquête de Katoy est un symbole, mais le chemin vers une paix durable au Nord-Kivu est encore long.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
