Ce vendredi 15 mai, la routine matinale a radicalement changé dans plusieurs établissements scolaires de Bunia, chef-lieu de l’Ituri. Avant même de franchir le portail, chaque élève doit désormais se soumettre à un contrôle de température et à un lavage obligatoire des mains avec une solution désinfectante. Derrière cette mobilisation subite, une alerte Ebola en RDC – plus précisément en Ituri – a conduit les autorités à renforcer sans délai les mesures barrières écoles Bunia.
L’inquiétude est montée d’un cran ce matin après que l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) a confirmé, selon des sources médicales locales, 13 cas d’Ebola parmi des échantillons prélevés dans la région. Cette INRB confirmation Ebola replace l’Ituri sous tension, d’autant que les analyses évoquent une souche « non identifiée », ce qui interroge les experts sur sa virulence et sa transmissibilité. Immédiatement, la Division provinciale de la santé a dépêché des équipes de riposte avant même toute déclaration officielle d’épidémie Ituri par le gouverneur.
Les zones de santé de Mungwalu, Rwampara et Bunia sont au cœur des suspicions depuis plusieurs jours. Des rapports locaux font état de décès attribués à une fièvre hémorragique dont le bilan, encore provisoire, se compterait en « plusieurs dizaines », selon des sources proches de l’autorité sanitaire. Face à ce tableau alarmant, les gestionnaires scolaires ont reçu des instructions fermes : les mesures barrières doivent devenir une seconde nature dans les enceintes éducatives.
John Mugiza Besisa, responsable des écoles Shalom, ne cache pas sa détermination : « Cela nous interpelle, nous qui encadrons les élèves et les enseignants. Nous devons faire de nos établissements des remparts contre la maladie. » Le directeur provincial de l’EPST Ituri 1, Yvon Mukya Basele, a annoncé le lancement imminent d’une campagne de sensibilisation pour faire respecter les gestes barrières dans toutes les écoles de sa juridiction. Lavage des mains, port du masque, distanciation physique : chaque détail peut sauver des vies.
Mais comment expliquer qu’un geste aussi simple que se laver les mains puisse contrer un virus aussi redoutable ? Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée ou par manipulation d’animaux porteurs comme les chauves-souris frugivores. Une fois dans l’organisme, le virus provoque une fièvre soudaine, des maux de tête intenses, des vomissements, une diarrhée sévère et, dans les formes graves, des hémorragies internes et externes. La mortalité peut atteindre 50 à 90 % en l’absence de soins. Le lavage des mains au savon ou aux solutions hydroalcooliques, associé à l’identification rapide des cas, constitue l’un des piliers de la lutte. C’est un bouclier invisible, mais terriblement efficace, à la portée de tous.
Dans les écoles, où les enfants sont en contact étroit, un seul cas non détecté peut allumer une flambée épidémique. Le contrôle de la température matinal, bien que rudimentaire, permet d’isoler rapidement un élève fébrile et de le référer vers une structure de santé. « Si chaque famille adopte ces réflexes, nous pouvons endiguer la menace », insiste un enseignant sous couvert d’anonymat. L’enjeu est d’autant plus grand que la souche signalée par l’INRB reste mystérieuse. Sans en connaître précisément les caractéristiques, les équipes de riposte naviguent à vue.
La prudence reste de mise. À ce stade, aucune épidémie n’a été déclarée officiellement, mais la mobilisation anticipée de la Division provinciale de la santé montre une réelle inquiétude. Pour les parents, quelques recommandations s’imposent : enseigner aux enfants les gestes barrières, éviter les contacts avec des personnes malades, signaler sans délai tout cas de fièvre ou de saignement inhabituel. Pour les écoles, maintenir le dispositif de contrôle et désinfecter régulièrement les surfaces.
Une question résonne pourtant : la population de l’Ituri, déjà éprouvée par des années d’instabilité, est-elle prête à affronter une nouvelle crise sanitaire ? La réponse dépendra de la rigueur avec laquelle ces mesures barrières seront appliquées. Comme l’a montré l’épidémie de 2018-2020 dans l’est du pays, la lutte contre Ebola est une course contre la montre où chaque minute compte. Les écoles de Bunia, en se transformant en postes avancés de prévention, montrent peut-être l’exemple. À chacun désormais de s’y conformer, car un geste simple peut contenir l’alerte Ebola RDC et éviter que l’épidémie Ituri ne s’embrase.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
