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Promos choc : produits bientôt périmés, danger à Kinshasa

Les rayons des supermarchés de Kinshasa se parent de rouge, non pas pour une fête, mais pour signaler des baisses de prix spectaculaires sur des aliments proches de leur date de péremption. Lait, yaourts, biscuits, conserves… tout y passe. Si ces promotions séduisent de nombreux ménages congolais étranglés par la vie chère, elles soulèvent une question cruciale : ces bonnes affaires ne cachent-elles pas un péril pour la sécurité alimentaire en RDC ?

Lors de nos visites dans plusieurs supermarchés de la capitale ce week-end, nous avons pu constater la généralisation de ces rabais « dernière minute ». Des étiquettes rouges accrocheuses promettent jusqu’à 50 % de réduction sur une foule de références. Dans les allées, les avis divergent. Pour certains Kinois, c’est l’occasion de remplir le panier sans vider le portefeuille. « Avec le prix des choses aujourd’hui, je ne peux pas refuser », confie une mère de famille, le chariot chargé de produits laitiers à moitié prix. Mais d’autres restent sur leurs gardes, persuadés qu’une telle aubaine ne peut être sans risque. « Je préfère payer plus cher et être sûr de ne pas tomber malade », tranche un jeune homme, l’air méfiant.

Pour comprendre le vrai danger, nous avons interrogé Stany Kalambayi, nutritionniste-diététicien à Kinshasa. Selon lui, le risque sanitaire lié à ces produits n’est pas systématique, mais il dépend de trois facteurs-clés. D’abord, la nature de l’aliment : un yaourt ou une viande présentent un danger bien plus grand qu’un paquet de biscuits secs. Ensuite, le respect de la chaîne du froid. « Une rupture de température, même brève, peut transformer un produit encore bon en bouillon de culture », image le spécialiste. Enfin, l’état de santé du consommateur : un enfant, une femme enceinte ou une personne immunodéprimée paieront un bien plus lourd tribut en cas d’intoxication.

À Kinshasa, où les coupures d’électricité sont fréquentes, la conservation des aliments est un défi quotidien. Dès lors, ces promotions supermarchés peuvent se muer en véritable loterie. Un produit dont la date de péremption approche peut avoir subi des variations de température, favorisant le développement de bactéries comme Salmonella, Escherichia coli ou Listeria. Les toxi-infections alimentaires qui en découlent provoquent vomissements, diarrhées et fièvres, parfois sévères. C’est là que le spectre des produits périmés se fait le plus menaçant : une fois la date dépassée, la dégradation s’accélère, et les toxines peuvent rendre l’aliment dangereux même après cuisson. Dans un contexte où la sécurité alimentaire en RDC reste fragile, ces pratiques commerciales méritent une attention urgente.

Face à ce constat, plusieurs organisations de défense des consommateurs montent au créneau. Si vendre un produit avant sa date de péremption reste légal, la qualité réelle de ces denrées stockées parfois dans des conditions précaires interroge. « On ne peut pas jouer avec la santé des Congolais au nom du profit », s’indigne un porte-parole. La multiplication des « ventes flash » exige un renforcement des contrôles sanitaires alimentaires, insistent ces voix. L’objectif : que les agents des services d’hygiène inspectent régulièrement les rayons, traquent les mauvaises conditions de conservation et sensibilisent les supermarchés aux risques.

En attendant des mesures fortes, que peut faire le consommateur kinois pour se prémunir ? D’abord, lire attentivement les étiquettes : la date limite de consommation (DLC) est impérative pour les denrées périssables comme la viande ou les produits laitiers, alors que la date de durabilité minimale (DDM) laisse une petite marge pour les pâtes ou les conserves. Inspectez l’emballage : une boîte bombée, un opercule qui fuit ou une odeur suspecte doivent alerter immédiatement. « Un aliment neuf doit avoir l’air neuf », résume Stany Kalambayi. Dans le doute, mieux vaut jeter que risquer une intoxication, surtout si l’on cuisine pour des personnes vulnérables.

Ces promotions sur les produits bientôt périmés sont-elles une fatalité ? Non, si chacun – vendeurs, autorités et citoyens – prend ses responsabilités. En RDC, où l’accès à une nourriture saine reste un combat, la sécurité alimentaire ne doit pas être sacrifiée sur l’autel des économies. Et vous, avant d’attraper ce paquet à prix cassé, vous êtes-vous demandé s’il pouvait vous coûter bien plus que votre argent ?

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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